10 ans de révolution

Le passage à la nouvelle année est toujours propice à la réflexion, à la rédaction d’un bilan et à la prise de bonnes résolutions. Il y a de quoi faire ! Pourquoi ? 2011 marque la fin de la première décennie du XXIe siècle. Et nul doute pour les personnes qui suivent le monde de la génétique que ces années marquent un tournant profond dans le paysage génétique français.

En dix ans, que de regroupements de coopératives d’insémination ! En Holstein, il reste quatre schémas de sélection français : celui de créavia, celui d’amélis, de Gènes diffusion et de dynam’Is. Le nombre d’opérateurs privés s’est multiplié et un éleveur peut acheter de la semence du monde entier. L’élevage laitier a profondément évolué : en 2000, il y avait plus de 120 000 producteurs de lait en France, en 2010 on en compte à peine 80 000. En parallèle, le nombre de vaches laitières a chuté de 4,4 millions à environ 3,7 millions. Les ateliers se sont regroupés, avec un nombre de vaches par élevage en croissance forte : 32,8 vaches de moyenne en 2000 contre 43,4 vaches fin 2009. La situation économique a changé avec un prix du lait en baisse. ce qui a des conséquences en matière de génétique, les éleveurs regardent de plus en plus les aspects fonctionnels et le vieillissement des animaux.

Dans le paysage génétique français, la décennie a aussi été marquée par la modification de la loi sur l’élevage et la fin du monopole sur la mise en place de la semence. Une vraie révolution, qui vient d’un homme pugnace, Paul Perthuis, qui a attaqué la loi sur l’élevage de 1966 devant les instances européennes. Aujourd’hui, la concurrence est là.

Le contexte idéologique a aussi bien changé, fini le temps où les inséminateurs libres étaient montrés du doigt. Aujourd’hui, on peut en parler, ce n’est plus un tabou. Les coopératives accompagnent même les éleveurs dans leur formation !

Enfin, comment ne pas revenir à l’arrivée de la génomique ! Une vraie révolution technologique que certains comparent à l’arrivée de la semence congelée. Reste maintenant à chacun de s’adapter à ces évolutions et à garder la tête froide. Si, globalement, tous ces changements vont dans le bon sens, il faut rester vigilant, car le contexte économique est plus complexe. En tout cas, le choix de la génétique adaptée à sa philosophie d’élevage est toujours aussi important.

Edito Typex magazine n°96 décembre-janvier 2011 par Erwan Le Duc

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