2010, l’envol d’EuroGenomics

Le début d’une nouvelle année est toujours l’occasion de prendre des résolutions ; c’est aussi le moment de regarder devant soi et de prendre note des grands rendez-vous.

Côté résolution pour les passionnés de génétique, on espère que cette année encore personne n’oubliera le chemin de la diversité génétique. Certes, cette route est souvent difficile à pratiquer, mais il faut l’emprunter si l’on veut arriver à bon port. Les tentations d’aller au plus simple existent et les prochaines indexations vont sans aucun doute laisser une large place aux fils de Shottle ou à ceux de Goldwyn. Ces taureaux toujours au sommet de leur popularité, comme le montrent leurs succès commerciaux, ne pourront pas tout faire dans les troupeaux.

Côté grand rendez-vous de l’année, comment ne pas reparler (une nouvelle fois) de la génomique ? Le prochain semestre sera déterminant. Après 2009 où cette nouvelle technologie s’est implantée et a déjà largement séduit l’ensemble des éleveurs, 2010 va encore apporter sa nouvelle pierre à l’édifice de la révolution technique. Le prochain congrès d’Interbull à Paris sera important et les experts internationaux vont se pencher sur l’évaluation génomique de part et d’autre de l’Atlantique. Histoire d’y voir un peu plus clair.

Ensuite, en juin prochain, cinq entreprises européennes impliquées dans la sélection bovine vont unir leurs forces pour améliorer la fiabilité de la génomique. Ce consortium va prendre le nom d’EuroGenomics, certains font déjà un parallèle entre ce projet européen et le consortium Airbus.

Derrière cette ambition européenne, on retrouve un équipage constitué de l’Unceia (union nationale des coopératives agricoles d’élevage et d’insémination animale en france), de CRV (pays-bas), de DHV et Vit (filière de sélection allemande) et de VikingGenetics (entreprise de sélection scandinave sur le Danemark, la Suède et bientôt la Finlande). Ces structures travaillent étroitement avec une série d’instituts de recherche, dont l’université de Liège (Belgique), l’Inra (France), le centre d’estimation de valeur reproducteur nordique (NAV) et l’université d’Aarhus (Danemark).

Après l’union entre le Canada et les Usa, les européens ont finalement réussi à travailler ensemble. Concrètement, ce partenariat se traduit par le regroupement des populations dites de référence, c’est-à-dire des taureaux dont on connaît les performances sur descendance en élevage ainsi que leur profil ADN. Les données de 16 000 taureaux Holstein vont alimenter la base de données européenne. Cette population de référence européenne partagée sera l’une des plus importantes au monde.

Pour les éleveurs, cette nouvelle coopération doit améliorer la précision et la fiabilité de la sélection. Reste à espérer que ce consortium prendra le bon côté du modèle Airbus.

Edito Typex magazine n°90/décembre-janvier 2010

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