Gaz à effets de serre: La vache se fait mousser

Responsable de 10 % des gaz à effets de serre (GES) hexagonaux, les élevages de vaches et de porcs pourraient bien réduire leurs éructations et flatulences.
Responsable de 10 % des gaz à effets de serre (GES) hexagonaux, les élevages de vaches et de porcs pourraient bien réduire leurs éructations et flatulences. Le très sérieux « Projet Saponine » porté par Nor Feed Sud, fabricant d’additifs alimentaires à base de plantes pour les animaux d’élevage, compte bien y parvenir grâce justement à la saponine. Cette molécule présente dans certains végétaux est ainsi étudiée à la loupe dans les laboratoires de cette entreprise angevine qui l’utilise déjà dans plusieurs autres de ses produits. La saponine, qui entre également dans la constitution de nombreux détergents, se caractérise par la production de mousse. Dans le rumen de la vache, elle permettra de limiter les bactéries qui entraînent notamment les rots chargés de méthane, un des gaz à effet de serre.
Soutenu dans ses recherches par Végépolys, le Pôle de compétitivité du végétal spécialisé dans la région des Pays de la Loire, Nor Feed Sud, oriente ses recherches vers des plantes locales afin de créer de véritables filières. Plusieurs partenaires sont associés au projet, comme l’Institut technique interprofessionnel des plantes à parfums, médicinales et aromatiques (Iteipmai), basé à Chemillé (49). La luzerne, la saponaire et plusieurs variétés de soucis font partie d’un panel de plantes ciblées, car elles contiennent de la saponine. « C’est un projet de long terme, puisque certaines plantes nécessitent des mises en cultures sur 1, 2 voire 3 ans, précise Nicolas Tessier, à la R&D de Nor Feed Sud. Actuellement, nous testons des extraits de saponine afin de déterminer la molécule la mieux adaptée, car il en existe beaucoup ».
Au printemps 2012, le projet démarrera une nouvelle phase après quatre premières années de recherches. Il associera des universités et des industriels à l’échelon européen. Des tests in vivo seront alors réalisés. L’objectif visé est de réduire les GES d’un animal de 10 % à 20 %, associant une amélioration des performances zootechniques. L’additif alimentaire représentera quelques g/kg dans la ration de l’animal et sera utilisable en agriculture biologique, comme 80 % des produits conçus par la société. À noter que Nor Feed Sud participera aux Terrenales, 1er rendez-vous mondial de l’Agriculture écologiquement intensive (AEI), les 27 et 28 mai prochains à Saint-Jean de Linières (49), afin de présenter ses recherches.
Par Frédéric Ripoche



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