Heatime: 80 % des chaleurs détectées avec 95 % d’exactitude
Le temps passé à la surveillance du troupeau est le facteur principal d’amélioration du taux de détection des chaleurs. Il est recommandé de surveiller les chaleurs trois fois 20 à 30 minutes par jour. Reste que les éleveurs ont de moins en moins de temps à consacrer à observer leur troupeau. Dès lors, les outils de détection sont précieux. Commercialisé par Créavia, Heatime est l’un d’eux. Depuis 2007, il a montré son efficacité avec 80 % de chaleurs détectées.
La détection des chaleurs reste une des clés de la maîtrise de la reproduction, elle-même au centre de la productivité d’un troupeau laitier. Si la détection des chaleurs est efficace, le moment propice à l’insémination est beaucoup plus facile à déterminer. Le moment propice de l’insémination varie en fonction d’une batterie de paramètres : le moment de l’ovulation (10-12 heures environ après la fin de la chaleur) ; la durée de fécondabilité de l’ovule (environ 5-8 heures ; au passage, c’est d’ailleurs le principal facteur limitant) ; le temps de remonte des spermatozoïdes au tiers supérieur de l’oviducte (quelques minutes), et la capacitation (2-8 heures) ; enfin, la durée de fécondabilité des spermatozoïdes en insémination artificielle (environ 20-24 heures). Si ces divers paramètres concordent entre eux, il peut y avoir possibilité de fécondation et les résultats du taux de réussite montrent qu’idéalement, l’insémination doit se faire entre 12 et 18 heures après le début des chaleurs et qu’elle est satisfaisante 6 à 24 heures après. Il ne faut cependant pas inséminer dans les six premières heures des chaleurs. Bref, tout débute à la détection de la chaleur.
1 heure par jour d’observation
Reste que ce point de départ est souvent mal identifié. Pourquoi ? Le temps alloué quotidiennement à observer les chaleurs est inadéquat et mal réparti, et la plupart des activités de monte surviennent durant la nuit, 70 % entre 18 h et 6 h. Les chaleurs sont souvent courtes. Selon certaines études, 65 % des vaches se laissent monter durant 16 heures ou moins ; 25 % durant moins de 7 heures. Moins il y a de vaches en chaleur, plus bas est le niveau d’activités et d’extériorisation des chaleurs dans l’ensemble du troupeau. Cela devient un problème, surtout dans les plus petits troupeaux. La monte dure 10 secondes ou moins et les éleveurs combinent trop souvent les périodes d’observation avec d’autres activités. L’extériorisation des chaleurs est souvent réduite par des problèmes de pieds et membres, des planchers glissants, la chaleur de l’été, le froid de l’hiver et d’autres facteurs environnementaux comme le manque d’exercice qui favorise un ralentissement du métabolisme basal ou intrinsèque des organes génitaux. Pour maximiser l’efficacité de la détection des chaleurs, il faut donc développer un programme de détection de chaleurs qui limite les effets négatifs causés par les « personnes » et les « animaux ». Si rien ne remplace l’oeil d’un éleveur expérimenté, les outils d’aide à la surveillance ne manquent pas : vidéosurveillance, planning de fécondité, détecteurs de monte, podomètre... Globalement, ce type d’outils s’appuie sur trois grands principes : la mesure de l’activité, la mesure d’hormones ou enfin la détection/surveillance du chevauchement.
Aussi performant qu’un bon éleveur

Les données enregistrées sur le terrain ont permis de constater qu’avec le Heatime, la réduction de l’intervalle vêlage-vêlage était de 16 jours, ce qui correspond à un gain économique de 32 euros par vache et par an.
Créavia a misé sur la mesure de l’activité et commercialise en partenariat avec l’Italien Milkline Heatime. Depuis 2007, ce système a été mis au point par les Israéliens de SCR. Au passage, Lely propose le même type d’outils sur son robot. Depuis le lancement du produit, 300 éleveurs ont opté pour ce système. Si, a priori, le concept intéresse principalement les gros troupeaux compte tenu des difficultés à surveiller les chaleurs, la phase de commercialisation a montré qu’il intéresse aussi les petits élevages, ceux où le niveau de diversification est important et où les éleveurs ont peu de temps à consacrer à la surveillance des vaches. « Le Heatime permet de détecter 80 % des chaleurs, ce qui correspond à la performance d’un très bon éleveur. C’est un essai réalisé à Derval qui a montré ce niveau de performance. Le système permet de détecter des chaleurs qui ne se voient pas », assure Alain Chevalier, chef de marché solutions de reproduction chez Créavia. Au passage, une étude a montré la très grande hétérogénéité des performances des éleveurs en matière de détection des chaleurs : elles varient de 31 à 81 %. Un autre essai mené par l’Inra de Bourges a corroboré ce niveau de performance : 80 % des chaleurs ont été détectées avec 95 % de fi abilité, des résultats similaires à ceux d’un taureau vasectomisé. « Une chaleur sur deux n’est pas détectée, parce que 5 à 10 % des vaches sont inséminées à tort, parce que l’augmentation de la taille des troupeaux complique la détection des chaleurs », rappelle le spécialiste. Le système Heatime est constitué d’un boîtier, qui, installé sur un collier fixé à la vache, détecte les mouvements. Ce boîtier détecte, mesure et analyse les mouvements et les compare à la moyenne du troupeau et à celle de la vache. Ces informations sont transmises par une liaison infrarouge vers un terminal. Quand une vache présente un surcroît d’activité, un voyant lumineux attire l’attention de l’éleveur. En affichant la courbe d’activité, il peut suivre le cycle de l’animal et décider d’appeler l’inséminateur.
À l’achat, le Heatime coûte entre 4 et 9 000 euros, selon le nombre d’antennes ou de colliers à acheter. Le système peut également être loué et la coopérative propose des crédits à taux zéro sur trois ans. Sachant qu’un jour de retard entre le vêlage et l’insémination fécondante coûte de 1 à 3 euros, Créavia estime le retour sur investissement de 3 à 4 ans. « En moyenne, on constate que le prix de l’installation est de 6 000 euros pour 25 colliers, ce qui constitue une référence pour des troupeaux de 80 vaches ». Les données enregistrées sur le terrain ont permis de constater qu’avec le Heatime, la réduction de l’intervalle vêlage-vêlage était de 16 jours, ce qui correspond à un gain économique de 32 euros par vache et par an.
Typex magazine n°93 - Juin/Juillet 2010



Chargement





