Reform gagne du terrain… en pente
Le constructeur autrichien lance trois nouveaux porte-outils sur le marché spécifique des tracteurs de pente : le Mounty 100 V et les Metrac G5X et H5X.
Venu remplacer son prédécesseur (le Mounty 100), le Mounty 100 V est le spécialiste des travaux ruraux : l’entretien des accotements de routes, tout en étant adapté aux fortes pentes. Contrairement à un tracteur conventionnel, la puissance maximale de ce type de porteur se trouve à l’avant.
Le Mounty gagne en équilibre
Doté d’un empattement supérieur à l’ancien modèle de 100 mm, ce Mounty gagne encore en équilibre, avec des charges réparties pour moitié sur les essieux avant, pour moitié sur les essieux arrière. « C’est une question de sécurité », explique Ludovic Masciave, responsable Reform France. « En cas de dépliage d’un outil dans une pente importante, l’engin reste stable». Entièrement hydrostatique, l’avancement du Mounty 100 V n’engendre que « très peu de pertes d’énergie du moteur, environ 7 % dues aux frottements », explique Ludovic Masciave. Diesel à 4 cylindres, 101 chevaux, turbo intercooler à injection directe (Common Rail), le nouveau moteur peut tourner sur trois plages de vitesse : de 0 à 10 km/h, de 0 à 20 km/h et de 0 à 40 km/h, « la plus petite plage correspondant aux plus fortes pentes », précise le responsable de Reform France. Ce moteur est Tiers III depuis janvier 2010.
97 000 euros HT !

Le Mounty gagne encore en équilibre, avec des charges réparties pour moitié sur les essieux avant, pour moitié sur les essieux arrière.
Les 4 roues directrices et motrices égales peuvent être utilisées selon différents modes : 2 roues directionnelles arrière, 2 avant, marche en crabe… laquelle est « surtout utile sur les bords des fossés ou des précipices, dans les fortes pentes », indique Ludovic Masciave. Le relevage est entièrement électrohydraulique. À l’avant, sa capacité de 1 800 kg s’accompagne d’un déport latéral hydraulique de 450 mm. « Le déport s’implante ainsi dans le relevage, et non plus dans l’outil, qui peut donc être plus gros », explique le responsable français. À l’arrière, le relevage puissant de 2 500 kg est contrôlé par un système électrohydraulique guidé par le joystick en cabine. Comme ce relevage est incorporé dans un châssis, ce dernier est « plus résistant », selon Reform. Les essieux, ayant chacun une capacité de 3 800 kg, sont dotés de freins multidisques hydrauliques, et non plus mécaniques comme sur l’ancien Mounty. Afin de « supporter davantage de charges neigeuses l’hiver », le Mounty 100 V peut peser au maximum 6 t en charge, soit une tonne de plus que son précurseur. Une plus grande visibilité sur l’outil frontal et sur les roues est permise par le capot plongeant. En cabine, le bruit est limité à 73 dB, grâce à des composants d’insonorisation placés sous le plancher. Les commandes électriques reliées à trois leviers permettent d’ « élever tout en orientant la neige ». Plusieurs types de pneus peuvent être raccordés, dont un adapté aux zones marécageuses, « présentes notamment dans le Jura, en Isère, en Savoie », note Ludovic Masciave. Son prix : 97 000 euros HT, sans options. Pourquoi avoir remplacé l’ancien Mounty ? « Celui-ci est une réponse aux deux tiers des demandes des clients, que nous avons écoutées durant un an et demi », assure le responsable France de Reform. Le M 100 V est censé répondre aux besoins des collectivités, car il est « un porteur quatre saisons, pouvant être utilisé avec des accessoires différents et remplacer plusieurs machines… », d’après Philippe Brunière, responsable grands comptes de Reform. D’ailleurs, la lettre « V » signifie « polyvalence » en allemand. Depuis sa sortie en avril 2010, environ les deux tiers des Mounty 100 V produits sont destinés aux directions départementales de l’équipement, directions régionales, conseils généraux, etc. Le reste ira aux communes, stations de ski et entreprises de travaux ruraux.
Le nouveau Metrac G5X
Deuxième nouveauté, le nouveau Metrac G5X, plus bas de 10 cm que les Metrac 6 et 7 et qui ne pèse que 2 200 kg, car « beaucoup de clients souhaitaient un poids total broyeur inférieur à 2 700 kg, pour qu’il puisse être transporté », explique Ludovic Masciave. « Très bien vendu dans le milieu agricole », puissant de 60 chevaux, il est doté d’un moteur plus accessible par l’utilisateur. Sa compacité lui permet de « faucher, broyer sur les accotements étroits des autoroutes », d’après le fabricant. Tout comme le Mounty 100V, le Metrac G5X dispose de réducteurs finaux avant sur les essieux, afin d’ « améliorer la motricité du véhicule en limitant les efforts de l’arbre de roue dans les pentes », souligne Ludovic Masciave. Depuis septembre 2010, tous les porte-outils Reform devraient avoir intégré des réducteurs de roues, selon la marque. Engin d’entrée de gamme, le G5X coûte 59 300 euros HT, sans options. Son intérêt ? « Il est maniable dans des pentes aux devers très importants, avec des équipements surtout frontaux – éventuellement un petit pulvérisateur ou un souffleur de feuilles à l’arrière », précise Philippe Brunière. La transmission du Metrac G5X est mécanique, avec une plage de vitesses (de 0 à 30 km/h). Pour la version H5X, elle est hydrostatique, ses 4 plages de vitesse allant de 0 à 40 km/h. L’entreprise compte bien sur ces deux nouveaux petits porteurs, puisqu’elle ne dénombre « que trois ou quatre Metrac vendus en France chaque année » !
Les Metrac sont pourtant les porte-outils les plus vendus par Reform. « Cette année, nous aurons produit – en fonction de la demande – environ 700 Metrac à l’automne et seulement 220 Mounty, dont 40 à 50 destinés à la France », remarque Ludovic Masciave. C’est encore peu: les deux tiers des machines produites par la société autrichienne sont des conducteurs marchants, tels que les motofaucheuses. « En 2009, on en a construit 2 000, contre 1 200 porte-outils », précise Philippe Brunière. « Coeur d’activité historique » de Reform, la motofaucheuse rencontre peu de succès en France : 30 peuvent y être vendues par an… «Lorsque c’est une très bonne année ! » lance Ludovic Masciave. Le marché des porteurs reste à conquérir.
Septembre 2010 par Diana Semaska




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