Ventes de matériel neuf : nouveau recul pour 2010

Les 8 et 9 avril, Axema a donné rendez-vous à ses adhérents à Marseille pour tenter de définir ensemble un nouveau cap. Le marché sera de nouveau en recul et tous les secteurs sont concernés par la baisse.

Pour Jean-Pierre Bernheim, président d’Axema : “Même si 2010 sera une année difficile pour nos métiers, les fondamentaux du secteur des agroéquipements sont bons et les besoins de renouvellement existent”.

[Convention Axema , Marseille (13)]

Fini l’euphorie de la convention organisée à Reims en 2008, fini le temps où certains experts annonçaient des périodes fastes pour l’agriculture et pour le machinisme agricole. À Marseille, lors de sa septième convention nationale, la filière agroéquipements a cultivé la prudence et le retour aux fondamentaux ; il faut dire que la baisse du revenu agricole enregistrée en 2008 (-23 %) et en 2009 (-32 %) n’a rien arrangé. Depuis l’étape champenoise, le marché s’est retourné et la filière doit faire face à de sérieux vents de travers. Les professionnels veulent rester optimistes en espérant que “l’Europe et la Pac rendent de nouveau l’agriculture stratégique”.

La crise financière a freiné l’obtention de financements. “En 2009, le marché français des agroéquipements a fléchi de 15 % avec un chiffre d’affaires de 3,93 milliards d’euros”, souligne Jean-Pierre Bernheim, président d’Axema.

Les ventes de 2009 retrouvent le niveau atteint en 20 07 : 3 ,93 millions d’euros.

La France perd des parts de marché

La production française est en baisse de 24 %, les importations de 13 % et les exportations de 25 %. En bref, les constructeurs français ont plus souffert que leurs concurrents et ils ont perdu des parts de marché en 2009. La baisse des exportations s’explique par les difficultés de l’Europe de l’Est, notamment pour se financer. En 2009, deux tendances fortes ont été enregistrées au niveau des ventes : un premier semestre moins compliqué au cours duquel les commandes enregistrées en 2008 ont été livrées, et une deuxième moitié avec un sévère recul des ventes. Pour 2010, tout le monde s’attend à un nouveau fléchissement du marché : -13 %. Le montant des ventes devrait être de l’ordre de celui atteint en 2006, soit 3,4 milliards. Rien n’est sûr, car il reste des incertitudes et les fondamentaux du marché sont assez flous : “En premier lieu, la Pac où les interrogations ne manquent pas et le cap ne semble pas déterminé. Ensuite, quel sera le niveau des cours des céréales qui ont une forte influence sur les investissements ? ”, s’interroge Jean-Pierre Bernheim.

Engorgement du marché de l’occasion

En 2010, tous les segments du marché des agroéquipements devraient baisser : les ventes d’outils de travail du sol pourraient baisser de 10 à 20 %, celles des presses à balles carrées de 20 %, celles des remorques de 20 %, celles des machines à vendanger de 20 %... Pour Alain Dousset, président du Sedima (syndicat national des entreprises de service et de distribution du machinisme agricole), l’appréciation du marché est identique. Une étude réalisée à la mi-mars montre qu’un concessionnaire sur deux envisage une baisse des ventes de tracteurs supérieure à 25 %. Ceux-ci sont globalement plus pessimistes dans les régions céréalières. Même sentiment sur la vente des automoteurs : 46 % des concessionnaires sondés estiment que la chute sera supérieure à 25 %. Axema confirme ce ressenti avec ses prévisions et estime la vente de moissonneuses- batteuses à 1 650 unités (-32 % par rapport à la campagne 2009), la vente d’ensileuses automotrices à 270 (-13 % par rapport à la campagne 2009) ; le marché des machines à vendanger devrait rester stable. La vente d’automoteurs est un bon baromètre du niveau d’investissement des entreprises de travaux, et là aussi la tendance n’est pas très bonne. Il faut dire que les prix des équipements n’ont pas ou ont peu fléchi et que les entrepreneurs doivent réfléchir à deux fois avant de changer leur matériel. Ils sont eux aussi confrontés à des soucis de trésorerie. Les concessionnaires s’inquiètent aussi de l’état d’engorgement du marché de l’occasion. Plusieurs causes : l’Europe de l’Est n’achète plus, les prix de vente du neuf sont comparables à ceux des occasions récentes. Comme les entrepreneurs, les concessionnaires constatent aussi une dégradation de leur trésorerie, mais les années fastes leur ont permis de se mettre à l’abri et 54 % des concessionnaires disent ne pas rencontrer de difficultés particulières.

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