Alimentation: Les atouts du silo boudin (nouveau commentaire)

Qualité de conservation, praticité, le silo boudin pour le stockage des fourrages possède de multiples avantages. Le chantier, réalisé la plupart du temps par un prestataire, nécessite un minimum d’interventions de la part de l’exploitant.

Dans la ferme de Bruno Martel et Jean-Marc Riot (Gaec de Guimbert), à Bains-sur- Oust près de Redon, de longs silos boudins s’étendent sur une plate-forme en ciment. Ces exploitants laitiers ont choisi de conserver ainsi l’herbe et le maïs ensilés pour alimenter leur troupeau de Holstein. Thierry Vaillant, autre éleveur laitier installé à proximité de Maure-de- Bretagne, stocke de la même manière le maïs grain humide récolté chaque saison pour ses Holstein.

Pourquoi le choix du silo boudin ? La qualité de conservation des produits de récolte en est la raison première. Pour réaliser les silos, ces producteurs d’Ille-et-Vilaine font appel à une entreprise de travaux agricole, celle de Bernard Boulais basée à Guipry. Il y a quelques années, cet entrepreneur a fait le choix d’investir dans le matériel adéquat pour réaliser des chantiers au savoir-faire délicat.

Bonne qualité de conservation

Bruno Martel conserve l’herbe ensilée et le maïs broyé humide en silo boudin. Une démarche associée à d’autres exigences (bio, traitements des eaux usées, énergie solaire…).

L’oeil satisfait, Bruno Martel retourne dans sa main du maïs broyé humide, stocké en silo boudin. « Mon produit est stable, assure-t-il. J’ai zéro perte à la reprise, pas de butyrique, ni de refermentation du front d’attaque. Cela s’explique par une fermentation lactique anaérobie en dehors de toute entrée d’air dans le silo, ce qui n’est pas le cas du silo taupinière classique, comportant des zones de moisissures et des risques d’explosion de spores butyriques ». Cet exploitant laitier (en bio depuis 2000) a choisi l’autonomie alimentaire. Pour cela, il pratique la pâture et l’enfourragement en vert. Sur 160 ha de terre, 140 ha sont consacrés à l’herbe, le reste partagé entre maïs et céréales. En hiver la ration est composée de 2/3 d’herbe et 1/3 de maïs broyé humide (16 kg de MS/VL/jour). L’exploitant stocke ainsi 160 t d’herbe et 90 t de maïs en silo boudin pour une ration annuelle de 6,7 t de MS/VL. « Chaque kilo récolté au champ doit être bien conservé pour la ration hivernale, car nous n’apportons pas d’autre aliment derrière», confirme-t-il. Le silo boudin répond ainsi pleinement à ses exigences. « À la sortie je suis sûr de récupérer la qualité de récolte de mon fourrage», ajoute Bruno Martel, en précisant qu’il obtient des valeurs de 0,90 UF et 150 g PDI/Kg de MS.

Amplitude de récolte

Une fois le silo boudin entamé, le produit conserve une « stabilité impeccable » grâce à la compression importante du produit stocké dans la bâche plastique. « Cela nous offre une amplitude beaucoup plus grande pour les récoltes, précise Bruno Martel. On peut récolter sec, jusqu’à 40 % de matière sèche sur l’herbe sans problème. À l’inverse, on peut se permettre de récolter un peu trop humide, car il n’y a pas de perte par ruissellement dans le silo. Rien à voir avec une taupinière posée sur la terre d’où s’échapperait toute l’humidité, et donc la valeur du fourrage ». En effet, contrairement au silo classique, le silo boudin avale le produit, d’où sa référence au boudin. Ce système entraîne néanmoins quelques accrochages de plastique (la partie reposant sur le sol) à l’enlèvement du produit par une griffe. « Au niveau des auges, on se retrouve souvent à devoir retirer des morceaux de bâches déchirés, regrette Bruno Martel. Mais pour lui, cela n’enlève en rien les multiples intérêts du silo boudin, notamment en terme de pénibilité de manipulation. « C’est un jeu d’enfant, assure-t-il. Un coup de cutter de chaque côté de la bâche et on peut charger le fourrage. Nous n’avons plus de pneus à enlever, ni de bâche à relever. C’est très peu contraignant ».

Intervention d’un prestataire

Pour un exploitant, l’investissement dans un matériel de boudinage serait peu rentable (la machine coûte près de 100 000 euros). Bruno Martel a donc trouvé un entrepreneur de travaux agricole désireux de développer cette activité. En 2004, Bernard Boulais décidait ainsi d’acheter une machine de la firme allemande AG Bag, dédiée à la conservation du maïs et de l’herbe ensilés. « En Ille-et-Vilaine, je suis le seul à le faire, assure-t-il. Bien que l’entrepreneur se déplace en général sur un rayon d’une trentaine de kilomètres, ce type de prestation spécifique, peu répandue, l’amène parfois dans d’autres départements pour d’importants chantiers. L’avantage est que la prestation ne nécessite pas plus d’une personne sur le terrain. Chez Boulais, un salarié a choisi de se spécialiser dans ce type de travaux qui demandent de la technicité. « La mise en place d’un chantier est délicate, car la machine travaille en déporté, ajoute l’entrepreneur. Il faut être méthodique et compter environ 30 minutes pour la mise en place du boudin. On ne se déplace donc pas pour moins de 10 m de silo. Nos clients font 20, 30 ou 60 m de boudins en moyenne. Ce peut être des petits silos d’appoint pour l’été par exemple. Nos clients sont principalement des éleveurs laitiers pointus sur la qualité et la santé animale ». Bruno Martel et Jean-Marc Riot sont d’ailleurs l’un des clients les plus importants du prestataire sur ce service en Ille-et-Vilaine. 250 m de linéaire sont commandés chaque année. « Avec l’autochargeuse et la boudineuse, la réalisation est complète, de la fauche au boudin, précise Bruno Martel. De notre côté, une seule personne est présente pour indiquer les parcelles de récoltes ».

Quel avenir pour le silo boudin ?

Le maïs broyé humide conserve toutes ses qualités en silo boudin. Pas de risque de refermentation ni de ruissellement et une amplitude de récolte plus grande.

« Je suis sûr de mon choix », confie l’éleveur conventionnel Thierry Vaillant, installé près de Maure-de- Bretagne (35), également client de l’ETA Boulais. À ses 70 Holstein, il donne un complément alimentaire de maïs grain humide qui lui a permis d’augmenter la production laitière de +1 kg/VL et le TP d’un point. « Les animaux sont en meilleure santé, mieux dans leur peau », a-t-il constaté. Pour aller au bout de ce « choix qualitatif », Thierry stocke son maïs dans un silo boudin d’une trentaine de mètres. « On avance tous les jours dedans sans problème de moisissures, assure-t-il. Pour se rassurer, il a tout de même décidé d’y mettre un conservateur (acide lactique). La prestation de l’entrepreneur (plastique compris) lui revient à 30 euros du mètre linéaire, un coût assumé malgré les incertitudes de la crise qui frappe la filière laitière. «Cela me revient à 900 euros/an, précise- t-il. Je serais bien tenté de mettre mon maïs contre un mur, mais la qualité du silo boudin est là, alors pour l’instant je continue ». Le peu de main-d’oeuvre nécessaire est aussi un atout (mise en place et chargement à l’auge). Seule contrainte, la dépendance d’un prestataire. « Pour 3 à 4 ha de trèfle violet par exemple, ce serait trop coûteux de le faire déplacer, estime Bruno Martel. Et si demain l’entrepreneur décidait d’arrêter cette prestation, ce serait problématique ». L’éleveur juge néanmoins le silo boudin comme une technique d’avenir, source de réflexion. « Y aurait-il des perspectives pour des fourragères comme le sorgho sucre ou le colza ? », s’interroge-t-il. Même si la demande stagne un peu (2 km de boudins réalisés en 2009), Bernard Boulais semble désireux de continuer l’activité qui lui apporte des clients.

Typex magazine n°92 - avril/mai 2010 par Frédéric Ripoche

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5 Réactions pour “Alimentation: Les atouts du silo boudin (nouveau commentaire)”

  1. toto dit :

    Plus cher que l'enrubanné ou pas?????

    Quel est le cout à la tonne de MS?

  2. MARTEL dit :

    31 € du metre lineaire, environ 1200 kg de MS par m

  3. pat dit :

    bjr ge recherche le fournisseur pour la bache silo boudin car j'ai recuperrree une machine merci d'avance

  4. Subhankar dit :

    whats the whats the difference bwteeen the rd and green serranos?! My plant has 3 so far, but the biggest one seems like its turning red. Should i pick them green or wait for them to turn red?! BTW nice video

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