Une nouvelle ère arrive

Et c’est parti ou presque pour une nouvelle ère pour la génétique bovine. Non, il ne s’agit pas d’une exagération mais bel et bien d’un constat de rupture technologique.

Préparez-vous pour un nouveau voyage, une nouvelle façon d’évaluer les taureaux. De quoi parle-t-on ? Tout simplement de l’arrivée de semences génotypées sur le marché, un taureau pourra désormais être analysé et évalué à travers son génome, son ADN et la présence de marqueurs génétiques. Plus besoin d’attendre cinq années avant d’avoir des données sur les taureaux. On peut même penser qu’un jour, on pourra évaluer un embryon. Incroyable, non ?

Tout le monde en rêvait du génotypage, et bien les Hollandais l’on lancé les premiers en proposant une gamme de taureaux génotypés. Comme souvent, ils vont vite, très vite. En France, le GIE Labogena et ses partenaires issus du milieu coopératif devrait être à même de proposer cette technologie aux éleveurs à l’automne prochain.

Alors, serait-ce la fin du testage ? Pas si sûre car les données sur la conformation, la santé où encore la production resteront sans doute une nécessité quoi qu’il arrive. Mais, inévitablement, les programmes vont se réduire jusqu’à fondre comme neige au soleil ? Certains estiment que d’ici trois ans, il n’y aura plus de testage. Fiction ou réalité ? Difficile de trancher en tout cas le génotypage ouvre une nouvelle voie excitante pour la sélection. Il va donner la possibilité de diversifier les origines, d’apporter une plus grande variabilité génétique et de mieux travailler la voie femelle. La qualité d’un programme de génétique ne se mesurera plus au nombre de taureaux testés mais à l’accès au plus grand nombre de génomes et la capacité à les étudier. Avec le testage, on accumulait des données sur les taureaux alors que pour les mères les données étaient très limitées.

Reste maintenant à définir, la gestion opérationnelle de la technologie ? Que va-t-on prélever et comment ? Du sang, des poils, un morceau d’oreille ? Qui va pouvoir accéder à la technologie ? Est-ce chaque éleveur pourra génotyper son veau ? Ensuite qui va gérer les données et les banques ADN ? Quelles garanties et quelle transparence auront les éleveurs sur les semences génotypées ? Le dépôt de brevet sur certains gènes par des grands groupes ne risquerait-il pas de freiner l’utilisation de cette technologie ?

En tout cas, la technologie est là et il est préférable qu’elle n’échappe pas aux éleveurs « au risque de voir naître un Monsanto de la génétique animale », comme le souligne le président de Gènes diffusion. La vigilance s'impose.

Edito Typex magazine n°81-juin/juillet 2009 par Erwan Le Duc

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