En République tchèque : de plus en plus de taureaux génomiques pour Genoservis

Malgré un marché très concurrentiel, l'organisation tchèque Genoservis offre à ses clients une palette de plus en plus large de taureaux grâce à la génomique et à des partenariats avec plusieurs pays étrangers.

Genoservis

De gauche à droite : Robert Pospisil, Ingrid Stepanova et Ladislav Skarupa.

C'est à Olomouc, capitale régionale au centre de la Moravie à l'Est de la République tchèque, que se situe le siège de Genoservis, l'une des principales organisations de sélection du pays, active en porcs, bovins viande et bovins lait. Structure auparavant étatique, Genoservis est dorénavant une société privée qui appartient depuis trois ans à trois propriétaires tchèques détenteurs de six fermes laitières totalisant 2 900 vaches, 3 élevages de bovins viande et une usine de transformation du lait.

Après deux heures et demie de train à partir de Prague, c'est Ladislav Skarupa, en charge du programme de sélection Holstein, qui nous attend en gare d'Olomouc. Nous nous rendons directement au centre d'insémination de la société à quelques kilomètres d'Olomouc. Pour la petite histoire, les étables, qui abritent en permanence une soixantaine de taureaux, appartenaient autrefois à Bata, un homme d'affaires tchèque connu pour son activité dans le domaine des chaussures. Nous sommes attendus par Robert Pospisil, le directeur du centre, et Ingrid Stepanova, en charge du marketing et des relations publiques. « Nous sommes une petite structure », affirme un peu gêné Ladislav Skarupa au début de notre entretien. Genoservis compte tout de même 150 salariés, dont trente techniciens en charge de l'insémination et une vingtaine de contrôleurs laitiers (le contrôle laitier en Tchéquie est réalisé par des salariés des centres de sélection, mais les calculs sont ensuite faits par l'État). Malgré un marché limité, (la République tchèque ne comptant pas plus de 400 000 vaches), il existe quatorze sociétés commercialisant de la semence et Genoservis arrive en deuxième position sur le marché, derrière le néerlandais CRV et devant les sociétés tchèques Plemo et Natural. La vente de semences Holstein arrive en tête de l'activité de Genoservis, la vente de semences porcines étant en deuxième position.

50 % de taureaux génomiques

Genoservis vend annuellement environ 150 000 doses de semence bovine (95 % en race Holstein) et en exporte environ 100 000, principalement grâce à des partenariats avec l'américain CRI et le français Amélis. Depuis trois ans, la société a ouvert une filiale à Samara en Russie (Genoservis Russia), lui ouvrant de nouveaux débouchés très prometteurs. « Nous achetons 50 jeunes taureaux par an, dont 70 % sont nés en République tchèque », rappelle Ladislav Skarupa qui ajoute que les 30 % restant sont nés dans d'autres pays européens (Allemagne, Pays-Bas, France).

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O-Cos

O-Cos, né le 30 août 2010 aux Pays-Bas, fait partie des nouveaux taureaux acquis par Genoservis

Avant de partir visiter l'élevage Zemspol (voir encadré), une présentation de jeunes taureaux bientôt en service nous est faite. Parmi ces derniers, on compte Osco (Super x Goldwyn), taureau né aux Pays-Bas avec un très bon index TPI (2 219) et très améliorateur en solidité des aplombs (+1,92), cellules somati

ques (+2,67), longévité (+4,6) et facilité de vêlage (+8). O-Cos (Man-O-Man x Shottle) également né aux Pays-Bas présente un très bon index TPI (2 147) et est très améliorateur en lait (+615 kg) en cellules (+2,75) et en facilité de vêlage (+9). Enfin, Orlin (Bowser x O-Man), né en Allemagne, a été acheté par Genoservis en 2011 et est l'un des meilleurs jeunes taureaux du moment avec un index TPI de 2 281 et un index lait de +792 kg.

L'élevage Zemspol

Ferme Zempol

Zdenek Simecek, président de la ferme Zemspol Studenka, avec les installations de biogaz au fond, entre les deux étables construites il y a 8 ans.

C'est dans le village de Pustejov à une bonne heure de route au nord d'Olomouc que se situe l'exploitation Zemspol qui a deux particularités : elle coopère avec Genoservis depuis une vingtaine d'années et elle a diversifié ses activités il y a deux ans dans la production de biogaz qui représente aujourd'hui 40 % des 10 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel (le lait en représente 50 % et les cultures 10 %). Nous sommes en effet sur une grande structure héritée des fermes collectives tchèques et dorénavant privatisée. Elle emploie au total 60 personnes, dont 24 uniquement pour l'élevage laitier. Les 2 300 ha sont en partie utilisés pour nourrir un cheptel de 700 vaches (450 traites). La production laitière est de 15 000 à 16 000 litres par jour et le quota laitier de 6,5 millions de litres. Les vaches produisent en moyenne 10 600 kg de lait par lactation à 3,4 % de protéines et 3,8 % de taux butyreux. « Ce que nous recherchons le plus sur nos vaches, c'est la longévité », nous précise Lenka Zemanova, en charge du troupeau dont les vaches les plus âgées ont sept lactations (la moyenne du troupeau est à 3,5 lactations). « Nous recherchons également la production et les caractères fonctionnels », ajoute la responsable qui nous précise que l'élevage utilise 6 à 7 taureaux testés, le principal étant Joint (Shottle x Jocko Besn), plus 30 % de jeunes taureaux génomiques.

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En plus du lait, Zemspol vend environ 70 génisses par an en République tchèque, mais aussi dans d'autres pays comme la Pologne ou les Pays-Bas.

« Le lait est une production d'avenir », nous confie Ladislav Skarupa en route pour des visites d'élevages participant au programme de sélection de Genoservis. Les éleveurs souhaitant s'agrandir peuvent acheter le quota des fermes les plus petites, et bon nombre d'investissements conséquents ont actuellement lieu. À titre d'exemple, l'élevage Lubina que nous avons visité (600 vaches dont 450 traites dans une installation 2 x 14 de l'italien Agromilk, pouvant traire 130 vaches à l'heure) envisage d'élargir l'élevage existant de 250 à 300 vaches et de construire un nouvel élevage de 1 000 vaches à 15 km. De septembre 2011 à janvier 2012, les vaches de l'élevage Lubina ont produit en moyenne 11 800 litres de lait à 3,44 % de TB et 3,13 % de TP (10 692 litres/vache pour les vaches en première lactation et 12 612 litres par vaches pour les vaches de deux lactations et plus). Cette exploitation compte 1 200 ha, dont 530 ha de cultures destinées à l'alimentation du cheptel (maïs grain, maïs ensilage, cultures fourragères, colza…).

Philippe Caldier

Article paru en intégralité dans Typex n°104 : je souhaite commander ce numéro

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