Robot ou roto: Le choix d’une génération au Gaec de Pen Leign

Stéphane et Philippe Cotten du Gaec de Pen Leign, à Coray, posent en compagnie de leur stagiaire.

Le premier robot a fait son arrivée en 2008 au Gaec de Pen Leign, dans la campagne de Coray, près de Quimper (29). Il a remplacé une salle 2 x 5 en épi : « Nous mettions 2 h 30 à traire, deux fois par jour, ce n’était pas une tâche épanouissante », reconnaît Philippe Cotten qui a rejoint son père, son frère Stéphane et leur oncle dans le Gaec en 2005. Quelques années auparavant, Henri, le père, et Francis, l’oncle, étaient allés en Belgique pour découvrir les salles rotatives. Ils étaient revenus emballés : « C’était une 32 postes, qui nous aurait permis de traire en 20 minutes ! » À l’époque, le lait était bien payé et les deux associés étaient presque convaincus… puis les travaux de mise aux normes ont repoussé l’investissement et quand le problème c’est à nouveau posé, les nouveaux associés, plus jeunes, ont préféré le robot : « Ras le bol de traire, nous voulions y passer le moins de temps possible ». L’élevage est situé en hauteur, et le vent glacé s’enroule dans les moindres recoins : « Il fallait souvent dégeler les installations, saler les quais… non vraiment, c’était trop. L’ampleur des travaux ne les a pas convaincus : il aurait fallu agrandir l’espace couvert, nous avons préféré la simplicité du robot, installé au coeur de l’élevage. » Le temps de lavage du roto leur a également paru rédhibitoire : « Au final, il fallait passer autant de temps à laver qu’à traire. Ça restait une contrainte trop rigide ». D’autant que les associés mènent également un élevage de vaches allaitantes et d’engraissement des taurillons et ont développé une entreprise de travaux agricoles : la flexibilité est essentielle pour mener à bien ces activités, notamment de services, comme l’entreprise de travaux.

Finalement, c’est un Lely qui est arrivé en 2008 pour traire les 70 vaches qui assurent un quota de 580 000 litres de lait. Un emplacement avait été prévu pour la deuxième machine qui est en place depuis l’augmentation de quota à 900 000 l et l’agrandissement du troupeau à 100 animaux.

« La phase de mise en route a été un peu difficile, certaines vaches ne s’habituaient pas, reconnaît Philippe Cotten. Mais finalement nous ne regrettons pas notre choix. » Le pâturage était déjà limité à un parcours extérieur, les vaches avaient déjà une ration comprenant toute l’année du maïs. La transition alimentaire s’est faite sans changement majeur. La stabulation est équipée d’un système d’auge mobile qui permet aux éleveurs de ne distribuer qu’une fois par jour, sans avoir à repousser.

Indispensable complément du robot de traite, le racleur automatique assure la propreté des caillebotis.

Au rayon des avantages, les associés soulignent la souplesse d’organisation et la fin de la contrainte horaire de la traite. Quant au sentiment « d’astreinte » généré par les alertes du robot, ils relativisent : « C’est vrai qu’au début c’est contraignant, mais finalement, on s’habitue à ne pas paniquer au moindre bip, on prend un rythme de travail qui permet de voir les animaux et de régler les problèmes une fois sur place. » « Finalement c’est une nouvelle façon de travailler, reconnaissent-ils. Le robot ne fait pas tout tout seul. On passe autant de temps dans l’élevage. Mais au lieu de traire, de brancher des animaux, on est plus attentif au comportement du troupeau. On a plus de temps pour observer et analyser. C’est un travail plus intéressant, plus stratégique, et qui est plus épanouissant. »

Un racleur automatique a été installé rapidement pour nettoyer les caillebotis des couloirs et les éleveurs en sont pleinement satisfaits : « La propreté est essentielle. Les logettes sont nettoyées à chaque passage de l’un ou de l’autre dans les couloirs et un asséchant est régulièrement installé.»

Les éleveurs sont par ailleurs conscients que leurs animaux doivent être en bonne santé pour être autonomes : « Nous ne poussons ni le rythme de traite, ni la richesse de la ration. Nous ne voulons pas grever les résultats de reproduction, et nous ne voulons pas risquer l’acidose. Notre niveau d’étable est entre 8 500 et 9 000 l. Cela nous suffit. »

La liste des inconvénients comprend principalement le coût de l’entretien. Les fabricants préconisent une visite de suivi par trimestre environ. Les éleveurs choisissent souvent le contrat d’entretien illimité : « C’est trop stressant de risquer la panne, reconnaît Philippe Cotten. Le robot ne doit pas cesser de fonctionner. » Le Gaec de Pen Leign a souscrit un abonnement pour 780 euros par mois pour ses deux robots.

Typex magazine n°92 - Avril/Mai 2010

Article classé sous: Equipement d'élevage

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