En Hongrie : De plus en plus de partenariats étrangers pour Bos-Genetic

Sur un total de 150 taureaux détenus par le centre d’insémination de Martonvasar près de Budapest, 50 sont des taureaux de Gènes Diffusion, copropriétaire de Bos-Genetic depuis deux ans.

Istvan Monostori devant l’entrée du centre d’insémination : «Bos-Genetic est un lien entre nos partenaires d’Europe de l’Ouest et l’Europe centrale »

Située à 30 km de Budapest en direction du lac Balaton, la petite commune de Martonvasar est connue en Hongrie pour son château et son parc Beethoven tirant son nom du célèbre musicien venu composer là quelquesunes de ses célèbres symphonies. Mais Martonvasar est aussi le siège de Bos-Genetic, société détenant aujourd’hui 25 % du marché de la semence bovine en Hongrie. L’activité du centre d’insémination a démarré en 1985 à 50/50 avec un partenaire hongrois et la Osnabrücker Rinderzucht Verband (Société d’élevage bovin d’Osnabrück en Allemagne). Un autre partenaire allemand, la Sachsicher Rinderzucht Verband (Société d’élevage bovin de Saxe) rejoint Bos-Genetic en 1998, suivi du Dr Istvan Monostori (actuel directeur général) en 1991, puis de Gènes Diffusion en 2006. Auparavant directeur du centre d’insémination de Gödele, Istvan Monostori connaît bien le marché hongrois de la semence bovine. « C’est un marché petit et très concurrentiel, avec environ 180 000 doses par an et une base de 200 000 vaches laitières contrôlées », explique le directeur de Bos-Genetic qui insiste sur plusieurs particularités de l’élevage laitier hongrois. La moyenne des fermes laitières est en effet l’une des plus élevées au monde avec 338 vaches, et les éleveurs travaillent directement avec les centres d’insémination, chaque ferme ayant son container d’azote liquide. Le mode d’élevage des fermes laitières est très intensif, avec peu de pâturage et une alimentation produite sur les terres (ensilage de maïs ou de luzerne, foin et concentrés).

Partenariats étrangers

Vue d’ensemble du centre d’insémination de Martonvasar

« Sur 16 acteurs du marché hongrois de la semence bovine, trois sont des centres d’insémination, et le reste des importateurs de semence », ajoute Istvan Monostori qui développe depuis plusieurs années des partenariats croissants avec des homologues étrangers. Une coopération active existe depuis dix ans avec l’italien Semenzoo et le tchèque Genoservis, et depuis huit ans avec le canadien Genorvation. « Nous travaillons également avec un petit privé italien ainsi qu’avec des centres d’insémination d’autres pays comme l’Ukraine, la Biélorussie ou la Russie », explique le directeur de Bos-Genetic. Sur un total de 150 taureaux présents à Martonvasar, seulement 50 appartiennent à Bos-Genetic, les autres appartenant soit à Gènes Diffusion (50 taureaux) ou à des organisations allemandes ou italiennes précitées. Quel est l’intérêt de travailler avec des partenaires étrangers? « Cela nous permet de payer les frais de maintenance des taureaux pendant quatre ans et d’élargir notre offre commerciale ainsi que le nombre de pays où le testage est réalisé », explique Istvan Monostori qui ajoute que 360 000 doses ont été exportées par Bos-Genetic en 2008, dont un tiers en Turquie et au Mexique. Sur le plan pratique, Gènes Diffusion rentre à Martonvasar une douzaine de taureaux par an. Sur 20 000 doses produites, 15 000 sont expédiées en France et 5 000 restent en Hongrie pour réaliser le testage (1 000 à 1 200 doses) et constituer un dépôt. Les taureaux de Gènes Diffusion détenus par Bos-Genetic seront donc testés en parallèle dans plusieurs pays : la Hongrie, la France et la Belgique. Pour d’autres taureaux, le testage peut avoir lieu simultanément en Hongrie, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Tchéquie. « Les premiers résultats des taureaux de Gènes Diffusion seront connus en avril 2009 et constitueront une opération vérité », affirme Istvan Monostori qui emploie 20 salariés à Martonvasar. Très bien conçu, le centre d’insémination a fait l’objet d’un investissement conséquent (190 millions de forints, soit environ 0,65 million d’euros), dont environ 25 % ont été financés par l’Europe. Le nouveau centre, inauguré le 5 novembre 2004, est une belle vitrine pour les acheteurs et comporte une scène extérieure de présentation des taureaux particulièrement réussie. Les taureaux de Bos-Genetic arrivent très souvent en tête du classement officiel hongrois (voir encadré 2), et Istvan Monostori insiste sur l’importance des nouvelles technologies pour son entreprise. « Nous sommes intéressés par la sélection génomique et avons la possibilité d’avancer plus vite sur ces nouvelles technologies grâce aux relations que nous avons avec nos partenaires comme Gènes Diffusion », remarque notre interlocuteur. « Nous offrons à nos partenaires des possibilités de développement vers d’autres pays de l’Est comme la Russie où nous expédions par camion de plus en plus de jeunes taureaux », explique à titre d’exemple Istvan Monostori qui estime qu’il reste beaucoup à faire en direction des pays d’Europe centrale et orientale. Pour l’heure, les éleveurs hongrois ont à faire face à une double crise, avec d’une part une chute drastique du prix du lait depuis un an (le prix est passé de 100 forints à 65 forints, soit de 0,34 euro à 0,22 euro le litre), et d’autre part une crise financière qui touche la Hongrie comme tous les autres pays européens.

Philippe Caldier,

Typex Magazine - Février-Mars 2009 - N° 85

Article classé sous: Génétique

Mots-clefs:

Vous pouvez ajouter une réaction.

Laisser une réaction

Tout droits réservés © 2009-2012 Editions Fitamant