L’entreprise Carré mise sur l’environnement
Carré, le fabricant vendéen de machines agricoles, a plus de 70 ans. L’entreprise familiale a fêté son anniversaire en grande pompe et n'a pas manqué pas de présenter un parterre de nouveautés à l’assaut des enjeux environnementaux.

Antoine et Benoît Carré, encadrés par le semoir Pentasem en version repliable, une des nouveautés de l’entreprise
À l’entrée de la commune de Saint-Martin-des-Noyers, à une trentaine de kilomètres de La Roche-sur-Yon, on repère immédiatement l’entreprise Carré. Son sigle « Carré » trône en bonne place sur la façade d’un grand bâtiment flambant neuf. Ce nouvel atelier de fabrication est sorti de terre en 2008, comme une preuve de la bonne santé de l’entreprise. Aligné le long de son flanc droit, l’ensemble de la gamme Carré est là pour se faire voir. Benoît, le fils, et Antoine, le père, sillonnent les lieux, joviaux et attentifs aux invités venus des quatre coins de l’ Hexagone et au-delà. Quand Antoine Carré quitta le poste de direction en 2007, Benoît prit les rênes de l’entreprise. Une nouvelle ère familiale fut donc lancée, et avec elle de nouvelles machines dédiées aux travaux du sol.
Une histoire qui fait date
C’était en 1938. Camille Carré, un inventeur passionné par la résolution des contraintes culturales, crée du matériel agricole dans l’exploitation familiale, au coeur du bocage vendéen (La Brosse). Tout commence avec la fabrication et la vente de repiqueuses de choux et de betteraves. Puis l’activité prend de l’ampleur et, après la guerre, Camille l’installe à Saint-Martin-des-Noyers, siège actuel de l’entreprise. « C’était le 16 juin 1946, se souvient Antoine. À l’époque, elle s’appelait “les planteuses Carré” ». Antoine Carré reprend l’entreprise de son père en 1979. « J’ai commencé avec lui à l’âge de 14 ans, confie-t-il. Je suis un autodidacte, mais j’ai pu suivre les cours du samedi à la chambre des métiers et obtenir un brevet de maîtrise. Ç’a été une histoire formidable, mais pas sans difficultés. En 1992, les ventes ont chuté, car nous étions totalement tributaires du monde agricole. Et je me suis dit, “plus jamais ça”. On en a profité pour rebondir en contactant de grands constructeurs internationaux comme Case, Toyota et Manitou pour leur faire des travaux ». L’entreprise conserve toujours aujourd’hui une partie de sous-traitance. En 2007, c’est au tour de Benoît Carré de reprendre l’activité, 69 ans après la création par son grand-père. « C’était un inventeur, mais la commercialisation, c’était pas son truc, se souvient-il. Aujourd’hui, nous concevons, réalisons et commercialisons notre matériel ». À une question sur la délocalisation de la fabrication, Benoît Carré affirme : « Si un jour nous fabriquons des choses hors de France, ce sera pour vendre hors de France ». En 2009, au siège de l’entreprise vendéenne, plus d’une cinquantaine de salariés conçoivent et fabriquent des machines destinées à cinq secteurs d’intervention agricole : préparation du sol profond, préparation du sol surface, semis, rouleaux tasseurs avant et entretien des cultures et des prairies. Elles permettent d’afficher aujourd’hui un chiffre d’ affaires de 7,6 millions d’euros. « C’est 30 % de plus que l’exercice précédent, précise Benoît Carré. Et sur les trois dernières années nous avons doublé notre chiffre d’affaires ».
Un avenir tourné vers l’environnement
« Nous avons quelques avantages dans notre secteur d’activité, notamment avec le désherbage mécanique, estime le chef d’entreprise. Notre gamme est peu concurrencée. Nous pouvons intéresser les acteurs du monde bio ou ceux engagés dans une agriculture dite raisonnée. On propose, par exemple, un système de guidage pour travailler trois fois plus vite au champ. L’avenir est aux pratiques respectueuses de l’environnement, que ce soit en préparation du sol, en désherbage ou encore sur la régénération des prairies. Nous sommes dans cette optique. On n’est pas écolo, ni bio, mais sensibles à l’environnement et on se doit de montrer l’exemple ». Antoine Carré en est convaincu lui aussi : « Les bio forcent le respect, assure-t-il. Enfin, même si je ne pense pas que l’agriculture de demain sera tout bio, le « tout phyto », c’est fini ». L’entreprise mise, entre autres, sur le Pentasem, un semoir nouvelle génération, conçu pour économiser du temps et du gasoil, en totale phase avec son époque.
Plus d'infos: www.carre.fr


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