Moins de mécanisation, plus de génétique

typex88Ça y est, on commence réellement à ressentir les conséquences de la baisse du prix du lait dans les campagnes européennes. Un chiffre ? Eh bien, il nous vient d’Allemagne, il a été publié fin août par l’office fédéral des statistiques Destatis. Il fallait s’y attendre : le nombre de producteurs laitiers a fortement diminué outre-Rhin. Ainsi, en mai dernier, le pays comptait environ 97 400 producteurs laitiers, soit 3 500 de moins qu’un an plus tôt, selon Destatis.
Cette baisse a été particulièrement marquée entre novembre 2008 et mai 2009, avec 2 000 exploitants de moins, alors même que les prix du lait avaient fortement reculé pendant cette période. Il est vrai que cette tendance s’observe depuis plusieurs années. En 1999, il y avait encore plus de 150 000 producteurs laitiers dans le pays, selon Destatis. L’Allemagne n’est pas le seul pays européen concerné par l’effondrement des prix des produits laitiers. Bref, il va falloir s’attendre à de la casse dans les campagnes de toute l’Europe. Certains jetteront l’éponge faute d’efficacité économique, d’autres en auront assez d’enchaîner les heures de travail pour au final ne percevoir qu’à peine plus qu’un Smic.
Si la réponse à une crise de cette envergure s’envisage, c’est à un échelon européen, voire mondial, là où le monde paysan n’a que peu d’influence puisque ce ne sont pas les paysans qui dirigent le monde et qu’ils ne prendront pas la tête de la commission européenne.
Heureusement, chacun conserve quelques leviers techniques pour surmonter les difficultés. On s’en doute, les éleveurs vont probablement donner un tour de vis aux investissements.
En regardant de près, on le voit : les charges de mécanisation ont explosé. Fin 2008, une étude de Cogédis montrait que les charges de mécanisation ont augmenté de 25 % en 4 ans ! Le cabinet comptable préconise d’ailleurs de déléguer certains travaux. Cette stratégie est particulièrement rentable pour les exploitations de petite taille. En effet, les besoins en mécanisation sont importants, mais l’utilisation annuelle est trop faible pour rentabiliser les investissements.
La délégation partielle, voire totale, est également adaptée aux exploitations ayant peu de main-d’oeuvre disponible. « La première chose à faire est d’arbitrer entre les investissements indispensables qui assurent la rentabilité de demain et les investissements qui peuvent être différés afin de ne pas grever la trésorerie de l’exploitation », préconise d’ailleurs le cabinet comptable. Et la rentabilité de demain, c’est aussi la génétique, celle qui permet de réduire les coûts et les taux de renouvellement. Et puis, la génétique et tout ce qui gravite autour – les concours notamment – permettent d’entretenir la passion de l’élevage, le seul vrai moteur du métier. Difficile de se lever chaque matin pour aller en salle de traite si l’on n’a pas cette flamme !

Edito Typex magazine n°88-août/septembre 2009 par Erwan Le Duc

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