Douleur des vaches : Comment détecter et traiter
Difficile de quantifier la douleur des vaches. Encore plus difficile de quantifier son impact sur les performances technico-économiques du troupeau, même si selon les praticiens vétérinaires ses effets peuvent aller jusqu’à la mort d’un veau.
Arthrite, mammite, césarienne ou métrite, la majorité du monde de l’élevage semble conscient que ces pathologies suscitent une douleur vive chez les bovins laitiers. C’est du moins ce qui ressort d’un symposium organisé par Boehringer Ingelheim dans le cadre des journées nationales GTV. Les neuf dixièmes des participants à ce colloque ont reconnu que ces quatre pathologies engendraient une douleur. « Constat rassurant puisque tout processus inflammatoire est douloureux », souligne Delphine Holopherne, enseignante à l’école vétérinaire de Nantes. Les questions soulevées à l’occasion de ce symposium montrent le besoin de conseils pratiques sur les thérapeutiques antidouleur.
De toute façon, il faudra de plus en plus se sensibiliser à ce thème puisque la législation européenne risque d’évoluer. Si la douleur pour les interventions de routine comme l’écornage des veaux est connue et traitée, c’est rarement le cas pour les blessures et les maladies chroniques. Le traitement est d’autant plus difficile que le délai d’attente du Metacam indiqué pour soulager l’inflammation et la douleur dans les troubles musculo-squelettiques, qu’ils soient chroniques ou aigus, pose problème. Ainsi, après la dernière administration de Metacam, les bovins ne doivent pas être abattus avant 15 jours et le lait ne doit pas être utilisé 5 jours durant. Les résultats d’une enquête européenne réalisée par Boehringer Ingelheim révèlent néanmoins de larges disparités dans l’appréciation de la douleur des bovins, selon la nationalité des répondants. Interrogés sur la douleur engendrée par plusieurs maladies ou interventions, les Français la jugent moins intense que la moyenne des personnes sondées. Le sexe de l’appréciateur est également un critère de variation. Souvent, les femmes sont ainsi plus sensibles à l’expression douloureuse. Ce constat a été confirmé par Murielle Poutrain, éleveuse de bovins laitiers. Pour celle-ci, la sensibilisation des vétérinaires à la douleur des bovins n’est pas suffisante. Et Olivier Fortineau, praticien en Ille-et-Vilaine, reconnaît qu’elle est récente, issue d’une prise de conscience sans doute simultanée des praticiens et des éleveurs. Le discours des vétérinaires est plus efficace, chez des éleveurs désormais réceptifs. D’après les congressistes, les répercussions sur la croissance et la production sont les conséquences les plus néfastes de la douleur bovine (52 % des votes). L’atteinte du bien-être animal récolte 32 % des votes. Delphine Holopherne s’est dite agréablement surprise des 2 % de réponse vers le choix « augmentation de la mortalité », car en effet « une douleur mal gérée chez un veau peut le tuer ».
Si l’existence de la douleur chez les bovins est acquise, son évaluation, ses procédures de traitement et leur avantage économique restent insuffisamment documentés aujourd’hui. L’expression souvent discrète de la sensation douloureuse par les bovins ne facilite pas sa détection. Pour Raphaël Guatteo, enseignant à l’école Vétérinaire de Nantes, ses conséquences évidentes peuvent être difficiles à quantifier précisément, encore davantage en élevage allaitant qu’en exploitation laitière.
Un traitement précoce
Delphine Holopherne, enseignante à l’école Vétérinaire de Nantes, rappelle que le traitement de la douleur doit être idéalement précoce, adapté et multimodal. Les praticiens présents semblent y adhérer, au moins sur ce dernier point, puisque 89 % d’entre eux pensent que la prise en charge de la douleur générée par une chirurgie associe lidocaïne, xylazine et anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS). Olivier Fortineau relève l’importance du mode de contention de l’animal, qui influence la stratégie du praticien. Des techniques d’administration peu utilisées, comme l’anesthésie locale par injection paravertébrale, offrent aussi des résultats et un confort de travail supérieurs. Pour adapter au mieux le traitement antidouleur des bovins, il faut travailler selon des paliers de douleur, comme en médecine humaine ou médecine vétérinaire canine. Trois paliers existent, pour le premier un traitement à base de AINS est suffisant, ensuite, il faut administrer un AINS avec un anesthésique local ou morphinique. Ensuite, à un niveau supérieur, pour être efficace, il faut associer un AINS avec un anesthésique alpha2-agoniste et morphinique. Il reste la lourde tâche de déterminer la correspondance entre les interventions ou maladies et les niveaux de palier. Un système de scoring existe pour évaluer l’intensité d’une douleur liée à une boiterie. Raphaël Guatteo reconnaît la difficulté de quantifier une douleur viscérale.
C’est bien l’insuffisance de connaissance et de reconnaissance de la douleur qui limite le plus les praticiens dans l’initiation d’un traitement antidouleur, une idée confirmée lors de ce symposium par 58 % des votes du public. Le coût de traitement reste bien entendu un frein important et 25 % des personnes participant à ce symposium sont allées dans ce sens. Pour Olivier Fortineau, le coût n’est pas réellement un frein. Les vétérinaires ont simplement besoin de données pour justifier le traitement d’un point de vue économique. Lorsqu’elle est générée par une intervention chirurgicale, la douleur aiguë est plus facile à gérer puisqu’elle est provoquée. À l’opposé, le traitement d’une douleur chronique, souvent dispensé sur plusieurs jours, est plus délicat à instaurer. Elle nécessite l’intervention active de l’éleveur, qui la détecte et sollicite le praticien.



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En tant que q'observateur de bovins restés couchés et à qui je pratique la PISCINE à VACHE, je ne suis pas certain que les bovins ne savent pas naturellement gérer leurs propres douleurs, et que l'administration trop importante d 'anti inflamatoires ne modifient pas le comportement de l'animal :
-très positivement si les anti-inflammatoires réagissent dès le départ,
-mais aussi très négativement, si les animaux ne rassemblent pas toutes leurs forces pour se relever, alors, ils s'épuisent très rapidement, et aggravent irréversiblement les lésions locomotrices les condamnant très rapidement par épuisement.
Traiter la douleur n'est jamais négatif, si les conditions de l'animal le demande une aide ultérieure (pourquoi pas une piscine) est envisageable mais l'analgésie n'est surement pas à craindre