Gaec Le Kastellou: Un bolus pour sécuriser l’apport en oligo-éléments

Les quatre associés du Gaec Le Kastellou ont fait le choix de sécuriser l’apport en vitamines et oligoéléments sous forme de bolus. Celui-ci est actif pendant 90 jours: 60 jours de tarissement plus les 30 premiers jours de lactation.

Pour Marie-Claude Vignard, le choix de “l’Electrolytic bolus” du laboratoire Vétalis et de la luzerne a été le bon choix pour régler le problème de cellules.

En 2008 au Gaec Le Kastellou, le passage à la traite robotisée a provoqué une hausse du nombre de cellules au niveau de la production laitière. « Les analyses de lait ont montré que la production avait dépassé le seuil des 300 000 cellules, voire des 400 000, contre 150 000 auparavant », souligne Marie-Claude Vignard, l’une des quatre associés du Gaec. Autre constat : un sphincter peu tonique avec des vaches laitières qui avaient tendance à perdre leur lait avant d’aller à la traite. « On n’y arrivait plus », poursuit Marie- Claude Vignard. Avec l’aide de leur vétérinaire, les éleveurs décident de remettre à plat le management du troupeau. Dans d’autres élevages, Philippe Castagnet, le vétérinaire de l’élevage est alerté pour des problèmes équivalents parfois associés à d’autres observations : des veaux pas assez toniques, des problèmes de non-délivrance... L’approche globale du management a donc été remise au goût du jour. Au centre des aménagements, la conduite des vaches taries et l’entrée de la luzerne dans la ration : « On a fait entrer de la luzerne dans la ration et la nutrition minérale des vaches taries a été modifiée ». Le tarissement est une période clé dont la conduite est souvent mal gérée, les taries ne sont pas la priorité et sont oubliées en bout de champ.

Tarissement : hausse des besoins, baisse de la capacité à ingérer

Durant ce laps de temps, il faut pourtant assurer une bonne nutrition minérale, et ce particulièrement en fin de période avec une augmentation des besoins du fait de la croissance foetale et la fabrication du colostrum. La nutrition minérale est d’autant plus difficile à assurer que la capacité d’ingestion diminue tout au long du tarissement. Bref, il faut faire face à un dilemme : un besoin en vitamines en hausse alors que les apports sont plus difficiles à réguler et à mettre en oeuvre. Si la nutrition est insuffisante, l’animal puise dans ses réserves, notamment au niveau du foie ou de la thyroïde. Ainsi, on peut générer un déficit au vêlage, avec à la clé un stress oxydatif fort et des pathologies : rétentions placentaires, métrites, mammites, boiteries... « Autre élément à garder en mémoire : le tarissement prépare à la future lactation en termes de pic de production, de quantité de lait produit au niveau de la lactation et de composition du lait. Cette période conditionne aussi la reprise ovarienne. Enfin, troisième effet : la période fixe aussi la résistance du veau à naître, notamment par la qualité du colostrum », assure Jean Lecourt, directeur de Vétalis technologies, laboratoire spécialisé en nutraceutique à l’origine du bolus.

Deux bolus par vache

Le bolus est un moyen de sécuriser l’apport en vitamines et oligo-éléments et d’éviter les carences au moment du vêlage. Il faut apporter deux bolus le jour du tarissement.

Sur les conseils du vétérinaire, le jour du tarissement deux bolus longue action sont apportés afin de sécuriser l’apport en minéraux et en oligo-éléments. L’objectif est de sécuriser les apports en zinc iode, cobalt, sélénium et vitamine E. Chaque vitamine ou oligo-élément a un rôle important à jouer. Le sélénium permet de prévenir les rétentions placentaires ; associé au zinc, il peut aussi diminuer le risque de métrite. Il a aussi un effet anti-oxydant. Avec le zinc, la vitamine E, il induit aussi une diminution de la sensibilité aux mammites et améliore les taux cellulaires.

Pour synthétiser un colostrum de qualité, il faut veiller à ne pas carencer l’apport en iode, sélénium et vitamine E. « L’autre possibilité offerte aux éleveurs est de réaliser des profils sanguins pour mettre en avant d’éventuelles carences ou subcarences en oligo-éléments ou vitamines. Le coût, de l’ordre de 40 euros, est parfois dissuasif, d’autant plus qu’il faut le faire sur 4 à 5 animaux pour en tirer des conclusions tangibles ».

La pose de bolus est aussi une méthode pratique qui libère l’éleveur de toute contrainte : « Les seaux à lécher constituent une hérésie, un non-sens. Il s’agit juste d’un élément qui permet de rassurer l’éleveur. Du point de vue efficacité, c’est très insuffisant. L’apport minéral doit être individualisé », poursuit Jean Lecourt. Le bolus diffuse des oligo-éléments tout le temps de sa présence dans le rumen. La durée d’action est de 90 jours, soit les 60 jours de tarissement plus les 30 premiers jours de lactation.

19 euros par vache

Ce bolus reste tranquillement dans le rumen où il s’imbibe d’eau et prend du poids. Par hydrolyse et grâce à l’action mécanique de la rumination, des oligo-éléments se libèrent sous forme d’électrolytes solubles : paires d’ions ou de sels minéraux. Reste que le coût a de quoi faire réfléchir : 8,94 euros pas bolus, soit tout de même 19 euros par vache. « Il faut réfléchir en terme de retour sur investissement », estime Jean Lecourt.

Les associés du Gaec ne regrettent pas d’avoir investi dans ce concept : « On est revenu à un comptage cellulaire normal : en dessous de 150 000, on observe moins d’oedème ou de fièvre de lait », observe Marie-Claude Vignard. Les veaux sont plus toniques. Le retour en arrière n’est pas d’actualité.

Retrouvez l'intégralité de cet article dans Typex magazine n°93 de juin-juillet 2010

Article classé sous: Réactions / Commentaires, Santé / Nutrition, Visite d'élevage

Mots-clefs:

Vous pouvez ajouter une réaction.

1 Réaction pour “Gaec Le Kastellou: Un bolus pour sécuriser l’apport en oligo-éléments”

  1. cheucle patrick dit :

    Bonjour,
    Une ration adaptée aux besoins de la vache tarie soit 1/4 de ration d'une VL en production (15 kg de ration complète) + mise à disposition de foin très grossier aurait permis d'obtenir le même résultat

Laisser une réaction

Tout droits réservés © 2009-2012 Editions Fitamant