Interview de David Biarnès
« Paris était un aboutissement »
Juge principal du dernier Concours général agricole, mais aussi de l’édition 2011 du Space, David Biarnès revient sur ces événements. Il évoque aussi sa carrière et parle de sa passion pour la race Prim’Holstein. Fort d’un curriculum vitae particulièrement fourni, l’éleveur landais porte un regard aiguisé sur le monde des concours.
C'est au cœur du département des Landes, à quelques kilomètres de Mont-de-Marsan, qu'est installé David Biarnès. Associé au sein de l'Earl de Péberot avec son frère Jean-Michel et Sébastien Rollin, il est à la tête d'un cheptel composé d'une centaine de vaches adultes. Depuis plus de dix ans, sa silhouette est devenue incontournable dans le domaine des concours Prim'Holstein.

David Biarnès
Commençons par la fin. Votre dernier concours en tant que juge s'est déroulé en Suisse, au mois d'avril. Il est venu clôturer une année assez exceptionnelle, avec le Space puis le Salon de l'agriculture…
Effectivement, j'ai été invité pour juger un concours helvétique regroupant plus de 150 génisses. C'était un super rendez-vous avec des animaux très bien préparés. Bref du haut niveau. Les trois derniers concours, sont certainement les plus beaux, avec à chaque fois de superbes championnes.
Comment en êtes-vous arrivé là ?
Le jugement du bétail m'a toujours attiré. J'ai obtenu mon premier agrément il y a une dizaine d'années, grâce au syndicat Landes Holstein. De longue date, notre syndicat départemental investit dans les jeunes, en leur donnant la chance de se former au jugement de bétail ou au clippage.
Au départ, j'ai participé à de nombreux concours cantonaux, ici dans les Landes. Le président de l'époque, Jean-Pierre Lageyre, m'a permis de progresser en me prenant sous son aile. Un autre juge, qui poursuit d’ailleurs sa grande carrière, m’a également beaucoup accompagné et conseillé. Il s’agit de Sylvain Saint-Germain.
À ce titre, on peut se réjouir d’être trois Landais à avoir jugé le Concours général agricole au cours des dernières années. Il existe peut-être une pépinière… Aujourd'hui, ce sont nous les dirigeants et nous tâchons de reproduire la même chose avec les juges en devenir. À titre d’exemple, au Space comme en Suisse, j'avais amené avec moi un collègue landais, Tony Malfatti, en tant que juge assistant. C’est une excellente expérience et j’espère qu’il va rapidement se lancer dans le grand bain.
Vous avez donc gravi les échelons un à un…
Effectivement, j'ai eu la chance d'avoir une progression régulière et logique, sans brûler les étapes. Après mes débuts, les départements du Sud-ouest m'ont très vite sollicité. Puis, mes horizons se sont élargis. Ensuite, j'ai jugé mon premier régional en Poitou-Charentes. Finalement, je n'ai participé au national qu'en 2009, une fois que j'avais acquis le bagage nécessaire. Ainsi, j’ai la chance aujourd’hui d’avoir jugé tous les concours régionaux de l’Hexagone, hormis ceux où j’expose bien entendu. D'ailleurs, je crois que tous les juges devraient avoir une carrière qui va crescendo.
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Qu'est ce qui fait avancer un juge ?
C'est toujours un honneur lorsqu'une association d'éleveurs vous fait confiance. À cet égard, je remercie l'ensemble des personnes qui m'ont sollicité. On y trouve un plaisir différent que lorsque l'on expose. C'est une grande responsabilité qui vous est confiée. C'est un peu comme dans le sport, quand on commence on a envie d'aller le plus loin possible.
Après ce début de carrière bien rempli, comment se dessine votre avenir ?
Il est vrai que j'ai jugé la plupart des concours nationaux, mais ma passion est intacte. J'espère que le Concours général agricole ne marque pas un jubilé. Pourquoi ne pas regarder hors des frontières ? Personnellement, j'ai eu la chance de me rendre en Suisse et en Belgique. J'ai également été sollicité en Espagne. Ce sont à chaque fois de superbes expériences. En France, on fait la part belle à de nombreux juges étrangers. On peut légitimement espérer un retour pour l'ensemble des très bons juges dont on dispose. À nous de savoir nous mettre en valeur…
Propos recueillis par Fabien Brèthes
Article paru en intégralité dans Typex n°106 : je souhaite commander ce numéro.




