Formation : Jeunes passionnés par la génétique : quel établissement choisir ?

Les BTS Acse du lycée de Crézancy se forment à l'insémination.
Pas facile pour un futur éleveur de choisir une formation et un établissement permettant d’acquérir de solides connaissances au niveau génétique ainsi qu'une expérience sur les rings. Il est indispensable de décortiquer à la fois les programmes et les modules, sans oublier un petit coup d’œil sur le palmarès des concours.
L’enseignement agricole offre de nombreuses voies de formation : formation initiale, en alternance, en apprentissage, ainsi que les centres pour adultes. En lycée, les classes vont de la 4e au BTS qu’il s’agisse d’établissements publics ou privés. Les licences professionnelles et les écoles d’ingénieur complètent le dispositif. N’oublions pas que dans de nombreux départements, une installation sur deux s’effectue avec un BTS, ou plus.
Des programmes nationaux nécessairement théoriques
Dès la classe de 3e, le futur éleveur choisira entre deux filières principales ; soit il optera pour le bac professionnel en 3 ans ; soit pour le bac technologique, pour la même durée. Il n’est pas aisé de réaliser ce premier choix, et parfois, on y voit le premier désaccord entre le jeune et ses parents. En résumé, le bac technologique STAV (Sciences et Technologies de l’Agronomie et du Vivant) prépare mieux à la poursuite d’études, grâce à un bon niveau d’enseignement général. Les enseignements techniques sont principalement dispensés au tableau.
Le constat est que le choix bac pro ou bac techno est souvent réalisé d’après le dossier scolaire. Mais il n’est pas rare de rencontrer d’excellents élèves en bac pro. Dans ce cas, la priorité est donnée au choix d’une formation plus pratique, jugée attractive par le candidat. Mais il faut attirer l’attention des lecteurs sur le fait que le bac pro a été construit par les inspecteurs dans la finalité de la classe terminale. Ceci dit, l’entrée en BTS est possible pour les meilleurs dossiers.
Quel que soit le bac, les programmes présentent les bases de l’amélioration génétique, bases nécessaires à tout approfondissement du sujet, et à toute utilisation plus pratique (plan d’accouplement…). Ils doivent aussi permettre une évaluation nationale, par exemple en épreuve écrite d’examen. Parfois, les sujets sont communs à plusieurs productions, voire plusieurs espèces. Ainsi, tout est défini en cours : gènes, chromosomes, génotype, phénotype, héritabilité, index, corrélation entre les caractères…
En bac pro CGEA (Conduite et Gestion de l’Exploitation Agricole), ce module est complété par un autre module de suivi de troupeau. Là, l’enseignant peut plus facilement réaliser un lien avec le troupeau du maître de stage, ou du lycée. C’est l’occasion de présenter le plan d’accouplement, le catalogue des taureaux, d’éplucher le bilan génétique. L’idéal serait pour les enseignants d’associer les élèves au choix des objectifs du troupeau, au choix des taureaux… Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Il existe des freins : nombre d’élèves, temps passé au détriment d’autres parties du programme…
De plus en plus, le ministère de l’Agriculture permet aux établissements de proposer certains modules d’enseignement, afin de mieux coller à la réalité locale ou à la demande de formation. Citons par exemple les Map (Modules d’adaptation professionnelle) en bac pro. Les établissements peuvent proposer un Map plus axé sur la conduite d’un troupeau, d’une culture… Il existe aussi des heures pour les EIE (Enseignements à l’Initiative de l’Établissement) et des TPE (Travaux Pratiques Encadrés) en Bepa.
Pour les deux principaux BTS (Acse et PA), les finalités sont bien différentes. (...)
En somme, la base des programmes est identique aux quatre coins de l’Hexagone pour une formation donnée. Le futur élève devra par contre être attentif aux choix des modules proposés à l’initiative de l’établissement. En BTS, ces modules à choisir portent l’étiquette de Mil (Modules d’Initiative Locale). Il est donc impératif de consulter les programmes des établissements afin de dénicher celui qui est spécialisé en amélioration génétique.
Le stage fait partie de la formation
Bac pro, bac techno et BTS laissent une large place au stage en exploitation agricole. Pour chaque cycle, les séquences en entreprise correspondent à 12-14 semaines pour deux ans, dont 6-8 semaines prises sur la scolarité. Le choix du maître de stage n’est pas à négliger. (...)

Coralie Cuffez, Benjamin Lefevre et Elise Bézard, étudiants en BTS Acse de Crézancy (02), ont eu l'idée de relancer le pôle animal de la Foire de Châlons-en-Champagne (51) par un concours de Prim'Holstein et de Charolais.
Les initiatives de l’établissement
Nous venons d’évoquer la complémentarité entre les stages et les cours, mais d’autres points sont à explorer. Il faut se tourner vers le fonctionnement des exploitations agricoles annexées aux lycées. Le ministère de l’Agriculture a affecté un certain nombre de missions aux lycées agricoles. Bien sûr, on y retrouve la formation, mais aussi l’expérimentation, le développement, l’animation du territoire…
(...) Si, dans certains établissements, il ne se passe rien, dans d’autres c’est l’effervescence autour des rings. Des lycées sortent sur les concours locaux, départementaux, nationaux. Au Salon de l’agriculture, quarante lycées participent au Trophée national des lycées agricoles, avec les vaches préparées et conduites par les élèves. Dans certains établissements, des élèves arrivent à animer les rings dix à vingt jours par an. C’est vraiment là, l’occasion de s’investir, de faire son CV avec des podiums, de se faire remarquer par les organismes de sélection et par les futurs maîtres de stage. Daniel Le Ruyet, responsable de l’exploitation au lycée La Touche à Ploërmel (56) explique : « Nous sommes là pour donner aux élèves un cadre pour développer leur passion des concours. Ce sont eux qui ont la connaissance et les compétences, nous leur donnons les moyens de réussir. Nous avons beaucoup de jeunes issus du milieu agricole, auxquels les parents ont transmis leur passion. Mais pas seulement, nous avons aussi des jeunes issus d’un milieu non agricole, et tant mieux ! »
En conclusion, les clés pour réussir sa propre formation de sélectionneur peuvent se résumer ainsi : construire son parcours de formation, trouver un établissement dynamique (pas seulement le jour des portes ouvertes), obtenir des garanties pour l’accueil sur la ferme, les sorties en concours et bien choisir ses stages. (...)
Pierre, Astrid, Anke et Cathy préparent Evea (p. Shottle) pour le Régional de St-Brieuc
Le groupe jeunes 56
« Sur le lycée La Touche, nous sommes une quinzaine de jeunes à participer régulièrement aux concours, avec le soutien du lycée : le Space en début d’année scolaire, les départementaux, le show Open de Saint-Étienne, Lausanne, Paris, etc. Cela nous permet de rencontrer d’autres jeunes, de créer des contacts qui nous serviront pour plus tard » explique Pierre Monneraye, élève en 1ère année de BTS PA, Champion régional Bretagne de présentation. Dans ce lycée du Morbihan, il existe une réelle dynamique autour des concours, soutenue par les enseignants et le responsable de l’exploitation. Les jeunes remportent régulièrement des prix, ainsi Anke Schuttert, également élève en BTS PA, a gagné le prix du Meilleur présentateur junior à Saint-Étienne l’année dernière. Astrid et Cathy, élèves en Bac Pro, issues d’un milieu non agricole, ont attrapé le virus des concours Holstein depuis qu’elles se sont portées volontaires pour participer à l’École des Jeunes Éleveurs 56. Tous les mercredis après-midi, elles participent à la préparation des animaux. Un groupe jeune a été créé (« BZH 56 »), dans une optique de formation, son but est de transmettre, de valoriser l’esprit d’équipe ainsi que l’entraide entre jeunes. Et ce n’est peut-être pas un hasard si l’École Française des Jeunes Éleveurs est organisée sur ce lycée depuis sa création en 2007…



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