Nutrigénomique : une nouvelle ère pour la nutrition
Après la génomique, le monde de l’élevage va expérimenter l’arrivée de sa lointaine cousine la nutrigénomique, qui associe, comme son nom l’indique, la nutrition et la génétique. Son objectif est de nourrir les animaux pour qu’ils expriment au mieux leur potentiel génétique. Cette science est toute nouvelle, mais elle apporte d’immenses perspectives. Le terrain est vierge et tout semble être à construire. La bio-informatique, les recherches fondamentales menées au niveau des cellules et la maîtrise de l’outil génétique offrent de nouvelles perspectives : c’est d’ailleurs au niveau cellulaire que l’on s’interroge sur les effets des nutriments. Avec une équipe de chercheurs, la société Alltech s’est lancée dans la nutrigénomique en créant un laboratoire à Lexington (USA). Longtemps, la nutrition a cherché à éviter les carences, qui sont aujourd’hui rares. Certains minéraux sont d’ailleurs apportés à des animaux très élevés. « Nous ne pouvons plus nous permettre d’apporter des minéraux en grande quantité pour éviter les carences. Il faut raisonner la dose pour des raisons économiques et des raisons de développement durable: les minéraux viennent à manquer », ajoute pour sa part Bruno Pount, directeur de la Codelia, la coopérative d’insémination partenaire d’Alltech sur la conception du minéral Genial, premier minéral basé inventé d’après la génomique.
Impossible de ne pas faire un parallèle avec la sélection génomique lancée depuis peu aux USA et en Europe. La technologie est similaire, même si les objectifs sont différents, mais la nutrigénomique semble encore plus prometteuse. Si la génomique s’intéresse de près à l’ADN, la nutrigénomique s’intéresse à l’ARN : l’ARN est l’intermédiaire entre l’ADN et les protéines, qui sont responsables des fonctions biologiques qui contrôlent la santé, la fertilité et le niveau de performance des animaux. En synthétique, on ne cherche plus à nourrir les animaux, mais on cherche à nourrir les gènes.
La révolution de la nutrigénomique va permettre de comprendre comment les nutriments affectent l’expression des gènes. Cette technologie doit permettre d’aller beaucoup plus vite pour la création de nouveaux additifs alimentaires.
Edito Typex magazine n°89-octobre/novembre 2009, par Erwan Le Duc


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