Holstein Québec – « Continuer à utiliser les outils traditionnels en plus de la génomique »
Au Canada, l’année 2009 a été active sur le plan de la génétique. À elle seule, la génomique a suscité beaucoup d’actions, notamment par son entrée en scène dans le quotidien des éleveurs canadiens et dans le marché des animaux à fort potentiel génétique.
Valérie Tremblay, conseillère et responsable du service conseil à Holstein Québec, constate en effet que « la génomique a pris beaucoup de place cette année. Le fait de retarder en août la publication des évaluations génomiques dans le pays a alimenté bien des discussions. Cependant, après coup, on peut dire que cela aura été une bonne chose car elle aura permis de tester plus d’animaux, et donc d’avoir une meilleure fiabilité des marqueurs génomiques. »

Suivant les recommandations du comité génétique, Holstein Canada a augmenté les ratios attribués au système mammaire (passe de 40 à 42 points) et aux pieds et membres (de 25 à 26), tout en abaissant celui de la puissance laitière (25 à 22).
Progressivement, les éleveurs s’approprient cette science. Pour le moment, on constate cependant qu’elle est utilisée par une majorité d’éleveurs dits « intermédiaires » et « élites ». « Le Canada est encore parmi les premiers pays du monde à incorporer les données génomiques dans les évaluations génétiques. La génomique apparaît comme un réajustement dans les façons de faire », expose Mme Tremblay. « On constate que la génomique est assez bien perçue par les éleveurs et qu’elle entraîne des changements dans la façon de sélectionner. Le défi actuel est de continuer à avancer dans cette nouvelle technologie. Il faut dire que nous n’en sommes encore qu’au début de l’utilisation de cette science dans l’élevage et que le défi pour les acteurs du milieu est de doser l’importance qu’ils donnent aux indices génomiques lorsqu’il est question de sélection. Nous maintenons qu’il est important de continuer de faire éprouver les taureaux et d’utiliser les outils traditionnels comme l’enregistrement, la classification et le contrôle laitier, puisque c’est ce qui nous permet encore pour le moment de juger de la qualité des sujets et de la fi abilité des données génomiques. » Précisons que les partenaires de l’industrie canadienne travaillent toujours à rendre disponible un test génomique plus abordable pour les éleveurs, un outil de base qui testerait 3 000 marqueurs plutôt que les 50 000 du test actuel, et qui permettrait une présélection moins coûteuse des animaux d’élevage prioritaire.
Classement et commercialisation
L’année 2009 a aussi été marquée au Canada par des modifications des ratios du système de classement des Holstein. Suivant les recommandations du comité génétique, Holstein Canada a augmenté les ratios attribués au système mammaire (passe de 40 à 42 points) et aux pieds et membres (de 25 à 26), tout en abaissant celui de la puissance laitière (25 à 22), une joute mathématique « sur les critères globaux de conformation des vaches Holstein », qui vise à mieux représenter le modèle de la Holstein canadienne. La puissance laitière reste importante, mais le calcul mathématique permet de mieux cibler les critères précis importants dans chaque section de la classification.
« Nous avons un modèle à privilégier et ces changements s’inscrivent dans la volonté d’amélioration de la race », précise Mme Tremblay.
La dernière année aura aussi permis de constater une tendance dans la commercialisation des sujets à valeur génétique. « Au Québec, il y a une nouvelle catégorie d’éleveurs qui cherchent à se démarquer et à tirer leur épingle du jeu. L’élément positif de cette situation est que cela a un impact sur le prix des sujets », souligne Mme Tremblay. De plus, malgré le contexte économique mondial difficile, la demande et la valeur pour de bons sujets se sont maintenues.
Enfin, soulignons que l’automne 2009 a été exceptionnel, avec la tenue de plusieurs ventes de sujets élites. À titre d’exemple, les quatre ventes tenues lors de la semaine de la Royale de Toronto ont connu un beau succès, avec en général des prix de vente légèrement au-dessus de la normale.
Enjeux
Quant aux enjeux, la génomique et la façon de l’introduire dans le quotidien de l’élevage canadien restent un défi majeur. Les défi s sont aussi très grands pour les éleveurs du Québec qui rassemblent moins de 4 % du cheptel Holstein, mais qui occupent entre 20 et 25 % du marché mondial. « Le nombre de producteurs laitiers, et, par conséquent, d’éleveurs, diminue sans cesse. Nous nous sommes toujours bien débrouillés, mais avec moins de monde, les objectifs qui changent et les nouvelles technologies, le défi est de rester forts et unis, de continuer de travailler ensemble, notamment sur ce qui a trait à la récolte de données pour l’amélioration génétique de la race », conclut Mme Tremblay.
Brigitte Lavoie
Typex Magazine N° 90 Déc/janvier 2010



Chargement





