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Automoteur de fenaison : séduisant mais pas toujours rentable

Des constructeurs ont lancé des automoteurs de fauche avec des largeurs de travail impressionnantes : jusqu’à 14 m. Ils sont entraînés par des moteurs d’une puissance d’environ 500 ch. Si le débit de chantier est au rendez-vous, la question de la rentabilité se pose. Éléments de réponse.

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La Big M 500 de Krone peut travailler sur 13,60 m.

Comme pour tous les matériels agricoles, l’amélioration du rendement d’une faucheuse ne peut passer que par une vitesse de travail plus élevée, ou par une augmentation de la largeur de coupe. L’accroissement de la vitesse est limité par la capacité de coupe des couteaux qui dépend elle-même de la vitesse de rotation des disques. Dépasser sensiblement les vitesses de rotation actuelles, qui sont de l’ordre de 3 000 tours par minute, pose de gros problèmes mécaniques. L’augmentation de la vitesse d’avancement engendre également une usure plus rapide. On estime qu’un doublement de la vitesse peut multiplier par quatre l’usure des pièces sensibles. C’est enfin la qualité du travail et le confort d’utilisation qui risquent d’être compromis par une vitesse d’avancement excessive. L’augmentation de la largeur de travail est donc inévitable. Le développement de la capacité de travail de certaines machines passe également par des versions automotrices. C’est le cas des moissonneuses-batteuses ou des ensileuses. Ce sont des machines pour lesquelles la puissance demandée pour travailler le produit est très importante. Elle est nettement supérieure à celle demandée pour les déplacements. De plus, le traitement de la récolte exige la mise en place d’organes complexes, difficilement envisageable sur un tracteur conventionnel. Pour les faucheuses, le problème est différent. Le rapport entre la puissance demandée pour la coupe et celle demandée pour l’avancement est moins important et le parcours du produit dans la machine est beaucoup plus simple. On voit donc chez tous les constructeurs se développer des gammes de combinaisons d’outils à installer sur tracteur qui atteignent les 8 à 9 m de coupe.

Jusqu’à 14 m de largeur de travail

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La Cougar de Claas atteint les 14 m d’envergure de travail

Au fil des années on a cependant vu apparaître des faucheuses automotrices. Elles étaient bien souvent destinées à des usages spécifiques, comme la récolte de la luzerne en vue de la déshydratation. Elles étaient bien entendu réservées à une utilisation sur des surfaces importantes. Depuis quelques années, certaines marques proposent des ensembles automoteurs qui peuvent aller de 9 à 14 m de coupe. C’est le cas de la Big M 500 de Krone qui peut travailler sur 13,60 m, ou de la Cougar de Claas qui atteint les 14 m. Il est bien entendu difficile d’envisager de telles largeurs avec des équipements portés sur tracteur. Ces automotrices sont entraînées par des moteurs extrêmement puissants de 480 ou 500 chevaux, qui leur donnent un potentiel impressionnant. Ramenée au mètre de largeur de coupe, cette puissance dépasse les 35 chevaux. Elle est supérieure à celle préconisée pour les ensembles sur tracteur qui est de l’ordre de 25 chevaux par mètre. Dans le contexte économique et écologique actuel, on peut se demander si cette puissance est bien raisonnable. Mal utilisée, elle risque d’entraîner une surconsommation de carburant et une pollution non négligeable. Le tassement de sol et l’écrasement de la récolte par les roues sont des points importants à prendre en compte pour la qualité des récoltes futures et la définition des itinéraires techniques à envisager. Sur ce point, ces automotrices sont également relativement lourdes, de l’ordre de 15 à 18 tonnes. Ramenées au mètre de largeur de travail, ces valeurs sont supérieures à celles généralement constatées sur des machines portées. La bonne répartition des masses sur les essieux et les possibilités de monter des pneumatiques de type 1050/50 R32 permettent cependant d’envisager des pressions au sol raisonnables, ce qui n’est pas toujours le cas avec des ensembles sur tracteur mal équilibrés. La grande distance entre les passages rend la situation encore plus favorable. La bonne répartition des masses et la souplesse des transmissions facilitent également la circulation sur route à des vitesses pouvant atteindre 40 km/h.

Améliorer la visibilité

Sur la Cougar, dans le champ, la rotation de la cabine fait que tous les lamiers se retrouvent devant le chauffeur.À cette vitesse sur route, la visibilité est un point essentiel. Sur la Cougar, la cabine pivotante améliore sensiblement la situation en faisant en sorte que, sur route, tous les éléments de fauche se trouvent derrière le chauffeur. Ils ne gênent pas son champ de vision, tout en générant un minimum de porte-à-faux à l’arrière de l’automoteur, ce qui n’est pas toujours le cas des équipements sur tracteur.

À l’arrivée dans la parcelle, les automatismes mis en place par les constructeurs permettent de démarrer les chantiers très rapidement. Seul un recours massif à l’électronique a permis de gérer au mieux ces équipements particulièrement complexes. Pour obtenir une rapidité de mise en place équivalente avec un tracteur, il convient d’adapter parfaitement les circuits hydrauliques du tracteur à celui de la machine, ce qui n’est pas toujours facile à réaliser. Sur les tracteurs récents, il est heureusement souvent possible de mettre en place des séquences qui limitent les opérations à effectuer par le chauffeur.

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La bonne répartition des masses et la souplesse des transmissions facilitent également la circulation sur route à des vitesses pouvant atteindre 40 km/h.

L’un des autres avantages de la conception et de la position des cabines des automotrices par rapport aux éléments de coupe est de permettre au chauffeur d’avoir une meilleure visibilité sur son travail. Sur la Cougar, dans le champ, la rotation de la cabine fait que tous les lamiers se retrouvent devant le chauffeur. Même si elles paraissent imposantes, les automotrices non rien à envier aux tracteurs en terme de maniabilité par rapport à leur largeur de travail. Leur système de direction permet même de mieux respecter le produit en favorisant le passage des roues arrière dans la même trace que les roues avant. Sur ces machines tout a été mis en oeuvre pour que l’entretien et la maintenance puissent se réaliser dans les meilleures conditions. Elles ne sont cependant pas à l’abri de pannes éventuelles. Elles exigent alors un service après-vente particulièrement qualifié et performant. Toute erreur ou tout retard nuirait rapidement à la rentabilité des chantiers.

Un point faible : la rentabilité

Si ces machines sont particulièrement séduisantes, c’est sans aucun doute la rentabilité qui est le point le plus délicat, car le montant de l’investissement est également impressionnant. À l’origine, ces machines sont plutôt conçues pour satisfaire les pays où elles peuvent travailler parfois vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sur des parcelles se mesurant en centaines d’hectares. Leur introduction dans nos régions pose de sérieux problèmes de rentabilité dans des parcelles de petite taille aux formes complexes qui entraînent de nombreux déplacements sur route. Le potentiel horaire annoncé qui est de l’ordre de 20 hectares peut alors chuter rapidement, ce qui place l’utilisateur dans l’impossibilité matérielle d’amortir sa machine durant la période propice à la récolte, même si les surfaces dont il dispose peuvent paraître suffisantes. Dans ce cas, plusieurs machines portées de plus petite dimension pourraient faire face aux besoins.

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