Becs à maïs : des outils plus complexes qu’il n’y paraît

D’apparences simples et tous semblables, les becs cueilleurs de maïs sont des ensembles essentiels et complexes. La multiplicité des marques rend le choix délicat. Les critères à prendre en compte au moment du choix sont nombreux.

Près d'une quinzaine de fournisseurs différents permettent d'équiper toutes les marques de machines de récolte.

On peut estimer qu’entre un quart et un tiers de moissonneuses batteuses françaises sont équipées d’un bec cueilleur à maïs. en apparence, on pourrait croire que tous ces équipements se ressemblent. Le principe de fonctionnement est effectivement assez semblable chez la plupart des nombreux constructeurs présents sur le marché. De nombreux détails permettent cependant de caractériser les modèles et les marques. Une différence de taille apparaît dès le premier contact de la machine avec la récolte. La tendance est à proposer des capots et des pointes en matière synthétique. Il est alors possible de proposer des formes plus élaborées, plus effilées avec des angles d’attaque plus faibles pour une meilleure progression dans les récoltes versées. Les plastiques utilisés permettent de réduire les frottements et donc de faciliter la progression du produit. On peut cependant constater que sur certains capots métalliques anguleux, les frottements étant concentrés sur les arrêtes, la différence de comportement du produit versé est moins évidente à condition que l’état de surface reste correct. La masse des capots en matériaux de synthèse est inférieure d’environ un tiers par rapport à celle de leur équivalent en métal. Le poids total de l’équipement s’en trouve diminué d’autant. en contre partie, on constate des phénomènes de rebond des poupées de maïs différents de ceux obtenus avec des carénages en tôle. enfin si les éléments en matière synthétique sont plus facilement escamotables pour l’entretien, ils sont aussi bien souvent plus coûteux en cas de réparation ou de remplacement.

Sitôt passées les capots et les pointes, les tiges de maïs sont prises en charge par les ameneurs. Le plus souvent constitués de chaînes munies de doigts, ces composants ont peu évolué. Ils travaillent cependant dans des conditions difficiles qui nécessitent un suivi attentif. Tous les constructeurs tentent de faciliter l’entretien. On trouve par exemple chez Capello des chaînes entraînées par des pignons en matériaux de synthèse qui réduisent les problèmes de lubrification en conditions difficiles.

Ameneur rotatifs ou à chaînes

Avec toutes les options qu’elle autorise l’électronique facilite la conduite et améliore sensiblement les performances des dernières générations de becs cueilleurs. En Italie, Laverda a choisi les becs Dominoni.

Comme pour ses équipements d’ensilage, Kemper se distingue des autres fournisseurs par l’utilisation d’un ameneur rotatif en lieu et place des chaînes à doigts. Plus simple dans son principe, ce système donne une plus grande liberté en ce qui concerne les écartements entre rangs. Il permet même de récolter en travers des rangs. Cet avantage incontestable peut devenir un handicap important en récolte versée. Le bec est donc moins polyvalent pour un prix d’achat relativement élevé. Son avenir pourrait cependant être prometteur. L’ameneur, qu’il soit rotatif ou à chaînes assure la récupération des panouilles détachées et guide la tige le long des plaques d’épanouillage. L’écartement entre ces dernières conditionne l’efficacité du cueilleur. Les cueilleurs sont donc actuellement systématiquement proposés avec un réglage d’écartement hydraulique ou électrique directement commandé depuis la cabine. Sur certaines machines, le repérage de la valeur exacte de l’écartement n’est cependant pas toujours facile.

Pour passer à travers ces plaques et libérer leurs épis, les tiges sont entraînées vers le bas par un ensemble de deux rouleaux parfaitement synchronisés. Deux conceptions différentes se distinguent. On peut trouver des rouleaux à quatre couteaux comme chez New Holland ou à cinq couteaux comme chez Cressoni. Les couteaux démontables travaillent en opposition. Ils happent la tige de part et d’autre et la tirent vers le bas. Leurs impacts créent des blessures profondes qui assurent normalement un pré-broyage. L’autre solution consiste à utiliser des rouleaux à ailettes en acier mais dépourvus de couteaux. Les ailettes travaillent en alternance, les tiges se trouvant alors pliées à de multiples reprises. Moins agressifs, ces équipements sont aussi moins sensibles à l’usure au point qu’ils peuvent être considérés comme des pièces garanties par certains constructeurs. Le contact plus important avec les tiges peut cependant générer une demande de puissance plus importante. Au delà de la nature des éléments actifs, c’est le diamètre des rouleaux qui détermine en grande partie les performances surtout à vitesse d’avancement élevée. À un diamètre important correspond une vitesse de rotation plus faible donc une meilleure prise de la tige et une moindre casse. Des rouleaux et des plaques longues autorisent également une vitesse d’avancement un peu plus importante sans risque d’arrachement.

Broyage en option

On peut trouver des becs non repliables allant jusqu’à 18 rangs .Ils ne sont pas adaptés au marché français qui se compose essentiellement de becs 6 à 8 rangs, le plus souvent repliables.

Sous les rouleaux, tous les constructeurs proposent, le plus souvent en option, des broyeurs à axe vertical. Sous chaque bec un rotor à axe vertical entraîne en rotation des couteaux qui passent à quelques centimètres du sol et coupent les tiges en petits éléments. Ce broyage doit être d’autant plus soigné que l’exploitant envisage de simplifier sa technique de travail du sol. La position de l’axe de rotation, la vitesse, la longueur et le poids des couteaux, la qualité des aciers utilisés sont autant de paramètres qui peuvent influer sur les performances. Gourmands en énergie, ces broyeurs peuvent être débrayés individuellement. Ils comportent en général deux couteaux ou en option trois couteaux comme chez Kemper. La puissance consommée par tous ces organes en mouvement est loin d’être négligeable. Certains constructeurs comme Quasar annoncent des boîtiers capables de transmettre des puissances allant jusqu’à 60 kW. Pour atteindre ces valeurs dans des conditions de travail difficiles, il est indispensable de passer par des transmissions à bain d’huile sous boîtiers étanches. L’augmentation de poids devient alors un élément à combattre avec vigueur. L’étude approfondie des formes de boîtiers et l’utilisation fréquente de la fonte d’aluminium permettent d’obtenir des résultats intéressants avec des formes très différentes. Pour garantir une bonne sécurité chaque rang est protégé par un limiteur de couple. Au niveau européen et mondial, les constructeurs proposent des versions allant jusqu’à dix-huit rangs en fixe ou un peu moins en repliable. Le marché français est cependant composé à plus de 95 % de becs repliables de six ou huit rangs. Ces équipements permettent de rester dans un gabarit inférieur à 3,5 mètres. Si la tendance est bien entendu à aller vers le huit rangs, cette évolution entraîne une augmentation de poids de l’ordre de 500 kg par rapport au six rangs. Il existe également, chez certains constructeurs comme Dominoni, des becs neufs et dix rangs repliables. Ces derniers nécessitent un véhicule d’accompagnement mais restent dans un gabarit inférieur à 4 m pour un poids de plus de trois tonnes.

Le poids, un facteur essentiel

Les becs peuvent atteindre de grandes largeurs, outre leurs qualités techniques, leur largeur repliée et leur poids sont des éléments essentiels du choix.

Le poids de la table de coupe est un facteur important dans l’équilibre général de la machine de récolte. Il convient donc d’être très vigilant sur les valeurs publiées par les constructeurs qui ne partent pas toujours sur les mêmes bases. Certains incorporent d’office le broyeur alors que d’autres mentionnent son poids à part. De plus, à poids égal, la répartition des masses est différente, ce qui modifie sensiblement le porte à faux. À nombre de rangs égal, les écarts sont parfois très importants. Il peut donc y avoir des surprises lors du premier attelage.

Quelles que soient leurs caractéristiques, les becs maïs sont des équipements gourmands en pièces de rechanges. Il convient d’intégrer les contraintes de la maintenance dans le choix des modèles. Comme pour de nombreux matériels, le coût des pièces n’est pas le seul paramètre à prendre en compte. Il faut pouvoir obtenir rapidement des pièces de qualité irréprochable, se pose alors la question du choix du concessionnaire. Les marques qui proposent des becs cueilleurs sont nombreuses. Les grandes marques de machines de récoltes fabriquent ou commercialisent leurs propres becs. Elles ne voient pas toujours d’un bon oeil que leurs concessionnaires distribuent des marques secondaires même si celles-ci proposent des produits de très bonne qualité.

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