Giorgio Burchiellaro : la génomique avec prudence

Giorgio Burchiellaro, directeur de l'Anafi, assure que l'association nationale italienne travaille prudemment à apporter les index génomiques fiables à un fort niveau de crédibilité. Informer les éleveurs est, par-dessus tout, l'objectif à atteindre afin qu'ils prennent leurs décisions de sélection en connaissance de cause.
Le directeur de l'Anafi a récemment publié une chronique intéressante intitulée « La génomique OK, mais prudemment ». D'après l'adage, elle en disait trop, ou pas assez. Typex a retenu la seconde hypothèse et s'est rapproché de Giorgio Burchiellaro.
Restructuration des organisations, information concrète et loyale à destination des éleveurs, collecte accrue des données, nouveaux caractères à indexer, fiabilité des données, maintien des budgets de recherche sont les thèmes développés par le directeur de l'Anafi (Association nationale italienne des éleveurs Holstein).
Au regard des coûts de fonctionnement, quel genre de réorganisation préconisez-vous pour les structures d'élevage et de sélection ? Toutes sont conçues différemment dans chaque pays, leurs acteurs et leurs rôles diffèrent parfois. Recommandez-vous une harmonisation de ces organisations sur le même modèle à l'échelle mondiale ?
Certains disent encore que la génomique est un instrument capable de remplacer, presque immédiatement, le mode classique d'évaluation génétique, de faire avancer miraculeusement le processus de sélection dans une race, tout en tranchant catégoriquement dans les coûts de fonctionnement.
Je ne dispose pas d'une recette qui convient à tous et c'est la raison pour laquelle je ne recommande pas un modèle de réorganisation capable d'une réduction des coûts de fonctionnement. Mon raisonnement qui incite à une réorganisation rapide fait référence au fait que certains pensent, ou peut-être pensaient, qu'avec l'avènement de la sélection génomique il n'est plus nécessaire de collecter des informations sur le phénotype. Ceci est absolument inexact parce que pour obtenir une évaluation génomique précise il vous faut des indices traditionnels plus précis. C'est la raison pour laquelle la collecte d'information phénotypique doit être poursuivie et, une fois encore, avec une précision toujours croissante. C'est encore la raison pour laquelle j'invite à une approche prudente de l'application de la génomique.
De quelle manière les technologies et les nouvelles connaissances aident-elles à prendre la direction d'une réorganisation des associations d'éleveurs ?
Tout en prenant cette orientation prudente, la technologie peut vous aider via le prélèvement automatisé d'échantillons de lait, les enregistrements des nouveaux modes de traite autonomes etc. et peut aussi contribuer à optimiser les coûts inhérents à cette chaîne continue.
Mettez-vous en garde les éleveurs qui se laisseraient endormir et/ou abuser par un mode de pensée unique et/ou par des vendeurs de chiffres ou de pedigrees ?
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La communication (« avec la génomique, tout sera moins cher… ») a-t-elle été trop rapide par rapport à la réalité (« d’avantage de caractères pourront être testés… ») d'autant que le terrain doit montrer le plus rapidement possible si les caractères annoncés s'expriment réellement ?
Lorsque je dis que les éleveurs doivent être informés à bon escient en suivant l'actualité, c'est parce que la communication joue un rôle crucial. Je pense aussi que c'est fondamental parce que l'éleveur doit être conscient que la qualité des données qui apporte la précision aux index a une valeur importante et que ceci s'applique aussi aux nouveaux caractères.
Une communication rapide, le monde de la recherche, les éleveurs et leurs organisations doivent conserver des liens solides dans l'intérêt de l'ensemble de la chaîne zootechnique.
Guillaume Bélibaste
Retrouvez l'article complet paru dans le n°108 Typex (janvier-février 2013). Acheter ce numéro



