Accouplement: Miser sur la complémentarité de la méthode aAa
Le choix du bon géniteur n’est pas chose aisée. En plus de la prise en compte des index ou du pedigree, pourquoi ne pas miser sur la méthode aAa dont la mission est de bâtir des animaux équilibrés et rentables ?
Pourquoi l’accouplement de la meilleure vache du troupeau avec le taureau phare du moment ne produit pas les effets escomptés ? Pourquoi un accouplement d’un vache plus moyenne avec un taureau d’apparence quelconque dans ses index peut donner naissance à une vache zéro défaut ? Des questions qui reviennent souvent dans les élevages. La seule lecture des index n’apporte pas toujours de réponse suffisante pour effectuer les bons accouplements. « Il arrive que même si l’on identifie une faiblesse sur une vache, par exemple la mamelle, et que l’on choisit un taureau dont le point fort est l’index mamelle, on n’aboutit pas à l’effet recherché. Pourquoi ? Une mauvaise mamelle peut avoir plusieurs causes, notamment le manque de puissance de corps et la difficulté à éliminer les oedèmes. Il faut garder en tête qu’il y a de multiples relations entre les différentes parties du corps », souligne Franck Laviec, en charge du développement de la méthode sur la France. Cette aide se veut simple, précise et abordable, « le prix est de 6 euros par animal pour toute sa carrière. Les génisses sont revues après vêlage sans facturation supplémentaire », note Franck Laviec. La méthode aAa procure aussi une stabilité, puisqu’elle n’a pas évolué depuis les années 50, ce qui n’est pas le cas du pointage ou des indexations. Elle va permettre de dégager une ligne directrice pour l’amélioration du troupeau.
C’est quoi la méthode aAa ?

Bref, c’est un outil de travail conçu par un éleveur pour un éleveur. C’est une assistance dans le domaine de l’accouplement qui repose sur l’observation des animaux dans leur globalité et le bon sens. Le but est d’obtenir des animaux plus rentables, avec plus de production et plus de longévité. Elle repose sur la recherche d’animaux équilibrés.
Globalement, la méthode distingue trois groupes d’animaux : le premier regroupe les animaux au style angulaire, le deuxième ceux au style arrondi et le troisième au style équilibré. C’est ce dernier qui assure, selon la méthode, d’avoir des animaux sains, productifs, capables d’enchaîner les lactations. Peu connue en France, elle s’est pourtant largement développée outre-Atlantique.
La force de la méthode repose sur le fait qu’elle permet de définir un besoin. « La méthode aAa est une prise en compte de l’animal dans son ensemble. Elle indique les relations et interactions entre les différents postes et qualités de l’animal ». La méthode aAa permet de définir les besoins de la vache, alors que le pointage donne une photographie de la vache donner d’explication sur les défauts majeurs. La méthode s’est développée aux USA avec notamment des élevages prestigieux qui ont recours au technicien aAa, on peut citer par exemple : Osborndale, Paclamar, Bis, May, Arlinda, Windsor, Manor, Lylehaven, RuAnn, Singing Brook, Sandey Valley, Indianhead Holstein, Jerland Farm et tant d’autres…100 000 troupeaux utilisent la méthode aAa. La race Holstein n’étant pas la seule concernée.
À quoi correspondent les chiffres pour les vaches ?
Pour une vache, le code aAa donne trois chiffres. Les vaches sont réparties en six groupes de qualités de base, selon leur apparence extérieure : 1. Dairy (laitier), 2. Tall (grand), 3. Open (ouvert), 4. Strong (fort), 5. Smooth (large), 6. Style (bien balancé). Ces 6 qualités sont divisées en deux grandes catégories. Les qualités 1, 2 et 3 représentent la catégorie des qualités angulaires. Les 4, 5 et 6 celle des qualités rondes. Elles sont toutes essentielles et indispensables pour obtenir un animal équilibré. Si un animal présente un problème, c’est parce qu’une des qualités (ou plusieurs) n’est pas assez présente dans l’animal.
1. Les vaches dont le code aAa commence par le chiffre 1 ont une tête grossière, un cou court, des flancs épais, des jarrets grossiers ou encore des ischions arrondis.
2. Les vaches dont le code aAa commence par le chiffre 2 ont une tête courte et un cou épais. La mamelle avant est charnue avec des trayons courts et des pâturons bas. Les hanches sont basses et l’attache de la queue est relevée.
3. Les vaches dont le code aAa commence par le chiffre 3 ont des côtes resserrées, une mamelle avant fendue et une mamelle arrière resserrée. Les trochanters sont étroits et les ischions serrés. Les jarrets sont fermés.
4. Les vaches dont le code aAa commence par le chiffre 4 ont une tête petite avec des membres antérieurs frêles. Les trayons sont pointus, les jarrets maladifs et les pâturons enflés.
5. Les vaches dont le code aAa commence par le chiffre 5 ont une tête étroite, le thorax étroit et les côtes plates, les ischions étroits.
6. Les vaches dont le code aAa commence par le chiffre 6 ont les reins plats, les ischions tombants, les jarrets ouverts et les pâturons légers.
Deux vaches avec le même pointage peuvent avoir des besoins différents, c’est le cas notamment de deux mères à taureaux d’exception : Harborcrest Rose Milly et Snowboots WisMilky Way, deux vaches pointées 97 points. Snowboots coorespondait au style anguleux alors que Rose Milly au style ‘rond’. La méthode aAa a permis d’évaluer les besoins de ces deux vaches et l’accouplement avec le géniteur adéquat a permis de donner naissance à Paclamar Astronaut (pour Snowboots) et Bootmaker (Rose Milly)
À quoi correspondent les chiffres pour les taureaux ?
Sur les catalogues des unités de sélection, on voit de plus en plus la mention code aAa apparaître suivie d’une série de six chiffres. Pour un taureau, ces six chiffres correspondent à l’ordre des qualités qu’il transmet. 50 732 taureaux ont été évalués selon la méthode aAa depuis 1970, une fois par an les spécialistes américains de la méthode aAa font le tour des taurelleries françaises pour observer les taureaux.
On distingue six groupes selon l’apparence extérieure du taureau : 1. Dairy (laitier), 2. Tall (grand), 3. Open (ouvert), 4. Strong (fort), 5. Smooth (large), 6. Style (bien balancé). Ces 6 qualités sont divisées en deux grandes catégories. Les qualités 1, 2 et 3 représentent la catégorie des qualités angulaires. Les 4, 5 et 6 celle des qualités rondes.
1. Le style « Dairy » correspond à un animal avec une tête allongée et fine, un long cou, des côtes profondes, des ischions anguleux, la queue fine, des membres fins et un arrière-pis rond, plein et souple. Une mamelle qui dépasse en arrière de la vache. Jocko Besne 135 illustre bien cette catégorie.
2. « Tall » correspond à un animal avec de longs membres, une mamelle haute, une tête longue, un cou mince, une attache arrière de mamelle haute et des sabots courts et droits. La mamelle avant est souple, ce sont des vaches faciles à traire. Tall ne veut pas dire que l’animal est de grande taille. Le taureau Goldwyn (234) est un bon exemple d’un taureau code 2.
3. « Open » : D’un type ouvert avec des côtes espacées, le bassin est large. Comme la position des trochanters et ischions est large, les animaux avec un code 3 se déplacent facilement. Cette largeur dans le bassin facilite également la mise bas, il y a aussi plus de place pour la mamelle. L’attache avant est ferme. Par la bonne largeur du bassin, les vêlages passent plus facilement mais les vaches remplissent aussi plus vite. Million (351) est un exemple de code 3. Bill Weeks attribuait également une bonne fertilité au code 3.
4. « Strong » : Des animaux puissants avec des têtes robustes et un museau large, une poitrine profonde. Le thorax profond donne place au coeur et aux poumons, favorisant ainsi une meilleure circulation sanguine. Des animaux capables de rester en pleine santé. Vaches capables d’éliminer l’oedème. Les taureaux Bolton (423) et Restell (432) sont des exemple de ces catégories 4.
5. « Smooth » : Des animaux avec des têtes larges. L’animal est large partout, avec des côtes rondes, un rein large. Il a la capacité d’ingérer beaucoup d’aliments. Le corps large induit une meilleure position des membres. Plus de distance entre les trayons avant et arrière. Roumare (513), Allen (564) sont des exemples même d’un animal avec code 5.
6. « Style » : Des vaches attentives. Ligne de dos droit, bassin long. Trochanters centrés entre pointes des hanches et des ischions. De bons membres avec des talons robustes, des onglons fermés et une ossature solide, nécessitant moins de parage. Exemple : Aerostar (624), Cassano (651).
Comment finaliser l’accouplement ?
Ainsi, un taureau code 456 sera utilisé sur une vache code 456, les points forts du taureau vont compenser ainsi les points faibles de la vache. L’ordre des chiffres hiérarchise la prédominance des caractères susceptibles d’être transmis par le taureau. Un taureau dont le code aAa commence avec un 5 n’est pas moins bon que celui dont le code commence par 2, il a simplement des qualités différentes. Le résultat d’un accouplement, qu’il soit bien ou mal réalisé, s’obtient sur du long terme, autant se donner les moyens de réussir. L’objectif est de respecter à au moins 80 % le code aAa. Si pour une vache 123, on choisit un taureau 123, les principes aAa sont respectés à 100 %, si l’on choisit un taureau 132, le principe est respecté à 80 %. Un taureau 312 permet de respecter les principes de la méthode à seulement 60 %.
Plus d'infos:
Franck Laviec - Tel: 06 60 77 22 62 - laviec_franck@yahoo.fr






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Ca a l'air d'être interessant, mais comment est-ce avec la consanguinité et la production (kg lait, TB et TP) ? Ne tient-on pas compte? Et pourquoi n'y a t-il dans les noms des vaches citées "résultantes de la methode aAa" que des vaches de la vieille génétique? Je préfère continuer à rouler avec une VW Golf et ne pas revenir sur une VW Coccinelle, même si cela à quelque chose de romantique