UNCEIA: L’évaluation génomique ouverte aux éleveurs
Si le nombre d’IA est en baisse et notamment dans la race Holstein du fait d’une situation économique fragile, l’expérimentation et la maîtrise de nouvelles technologies témoignent que la génétique entre dans une nouvelle ère, et ce à vitesse grand V.

Le 15 février dernier, l’assemblée générale de l’UNCEIA a permis de lister tous les moyens de trouver des partenariats pour travailler ensemble, et ce même lorsque l’on est concurrent.
Le 15 février dernier, l’assemblée générale de l’UNCEIA a fait la part belle aux dernières innovations techniques, qui interviennent dans un contexte économique morose pour l’exercice 2009/2010. La baisse d’activités des coopératives adhérentes à l’UNCEIA est de 2 %. Au total, celles-ci ont effectué 6,5 millions d’IA, soit plus de 93 % du nombre d’IA totales. La baisse est plus forte en races laitières : 4,9 millions d’IA au total, soit une baisse de 3,1 %. La race Holstein subit la même baisse. Le contexte économique est passé par là, bref, la conjoncture ajoutée à la chute structurelle du nombre d’IA explique cette régression.
Hausse des croisements industriels
Cette érosion du nombre d’IA en races laitières profite à l’activité de croisement. Deux races tirent leur épingle du jeu : la race Blanc Bleu Belge (+ 23,6 %) et la race Inra 95 (+ 2,2 %). Au chapitre des entreprises et de leur importance, Amélis (1,026 million d’IA) reste la coopérative leader devant Génoé (1,025 million), l’Urcéo (777 447 IA) et le CIA Gènes Diffusion (463 041).
Temps fort de l’exercice 2009/2010, il reste marqué par la disparition du testage pour les races Holstein, Normande, Montbéliarde et Pie Rouge. Celles-ci bénéficient de la sélection génomique. Au final, 438 taureaux laitiers ont été diffusés en confirmation sur descendance et 186 taureaux mis en marché sur index génomiques.
Pour la race Holstein, l’année est marquée par la mise en place d’Eurogenomics. Ce projet associe la France à ses voisins européens. L’objectif est une population de référence de 18 300 taureaux, histoire de rendre l’outil génomique le plus fiable possible.
L’évaluation génomique pour la voie femelle
Dans son rapport d’orientation, Michel Cetre, président de l’UNCEIA, rappelle aussi que l’évaluation génomique est maintenant disponible pour toutes les femelles. Tous les éleveurs peuvent accéder à ce service, « ce qui a fait l’objet d’un débat passionné », concède le président. Pour assurer cette prestation d’indexation génomique, les entreprises de sélection, membres du consortium de recherche UNCEIA-Inra (Amélis, Créavia, Gène Diffusion, GNA, Jura Bétail, Midatest et Umotest) ont créé Valogène (société de diffusion des index génomiques). Les éleveurs ont accès à ce service soit à travers les entreprises de sélection, soit à travers les grands comptes (entreprise de mise en place, organisme de contrôle sélection...), soit en passant une commande directement à Valogène. Bref, tout le monde peut y avoir recours.
Les objectifs fixés à Valogène sont ambitieux : la cible candidate au génotypage comprend 800 000 génisses destinées au renouvellement des troupeaux inscrits au contrôle de performance. Valogène souhaite à ce jour génotyper 5 puis 10 % des effectifs.
Autre révolution : le génotypage de l’embryon
Autre révolution à suivre de près : le génotypage des embryons. « Un vrai challenge à relever, car il faut à la fois prélever l’ADN embryonnaire, le multiplier, le lire et déterminer un index génomique », souligne l’UNCEIA. Le projet a été développé avec les Hollandais de CRV et utilise la puce Illumina de 50 K. Si la technique fonctionne dans des conditions de laboratoire, elle est aujourd’hui en phase d’être opérationnelle dans les élevages. Des équipes se forment à la réalisation des biopsies embryonnaires dans les exploitations. Au niveau de la recherche, l’UNCEIA planche beaucoup sur l’embryon, et notamment sur la cryoconservation de celui-ci. Autre thème qui doit permettre à terme de faciliter l’implantation d’embryon : les conditions de culture de l’embryon. L’objectif est de trouver un milieu de culture plus sain pour réduire leur fragilité et obtenir de meilleurs résultats de gestation. D’autres travaux visent à intensifier la production d’embryons.
Typex magazine n°97 février-mars 2011 par Erwan Le Duc





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