Innov-Agri 2010 Serrer les coudes… et les boulons
Outre un pôle récolte renforcé, Innov-Agri inaugure un concours de l’innovation. Tout à fait dans l’esprit d’Innov-Agri, les matériels seront jugés à l’oeuvre. On en oublierait presque la crise…
Un site de 160 ha, 300 exposants inscrits, un pôle dédié aux nouvelles énergies, 90 000 visiteurs attendus, des cycles de conférences balayant des considérations dépassant largement la thématique des agroéquipements: tel sera le décor d’Innov-Agri, 13e du nom depuis sa création en 1989. Avec des centaines de machines en action, Innov-Agri version 2010 reste fidèle à son positionnement d’origine et toujours original. Les changements s’opèrent par conséquent à la marge. Ils concernent par exemple le pôle dédié aux récoltes, lequel intègre de nouveaux chantiers et davantage d’espèces (céréales, colza, maïs grain, maïs ensilage, espèces fourragères, betteraves, pressage…). Les surfaces consacrées aux récoltes dépasseront cette année le cap des 40 ha. Autre nouveauté : un concours de l’innovation, auquel Innov- Agri n’avait pas succombé jusque-là. L’impair, la lacune ou l’anticonformisme seront réparés cette année, avec en prime une promesse d’originalité.
Questions cruciales

La 13ème édition d’Innov-Agri se tient les 7, 8 et 9 septembre à Outarville (45). 90 000 visiteurs y sont attendus.
Au-delà des innovations proprement dites, on peut escompter une présentation soutenue de nouveaux équipements de la part des constructeurs, le rendez-vous d’Innov-Agri constituant le point d’orgue d’une année machinisme relativement calme du point de vue des manifestations. Mais c’est bel et bien le calme des affaires qui préoccupe toute la filière et ces lancinantes questions. Va-t-on sortir un jour de cette situation économique à la fois désespérément et historiquement atone ? Qui va en sortir ? Dans quel état seront ceux qui auront surmonté l’épreuve ? Comment géreront- ils l’espoir retrouvé ? Ces questions, tout le monde se les pose : les agriculteurs au premier chef et bien entendu leurs prestataires et leurs fournisseurs. Elles ont le don, il faut bien l’avouer, de relativiser la portée de la toute dernière transmission à variation continue, du boîtier de contrôle Isobus dernier cri, de l’homologation routière du semoir traîné anticipant de plus de deux ans la future réglementation du 1er janvier 2013, la version 9 m du déchaumeur à dents cantonné jusque-là à 6 m de largeur de travail. Des préoccupations d’autant plus superfétatoires que ni la vétusté ni l’obsolescence ne menacent la plupart des exploitations et des entreprises, eu égard aux pics d’investissements connus les années précédant le déclenchement de la crise.
Fondamentaux indéboulonnables
De là à dire qu’Innov-Agri va servir de prétexte à sonder les différentes parties prenantes de la filière, il y a un pas que l’on ne franchira pas. Mais chacun va néanmoins chercher à se rassurer. Les motifs d’assurance et de réassurance sont désormais bien connus : accroissement inexorable des besoins alimentaires et non alimentaires, nécessité de renforcer la productivité donc les investissements, relative prémunition contre les risques de délocalisation des productions, prééminence d’un potentiel technico-pédo-climatique plus qu’enviable à l’échelle de la planète. Tout cela n’est pas payé en espèces sonnantes et trébuchantes, mais la patience n’est pas la dernière vertu du monde agricole.




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