Mise à l’herbe : Attention aux carences (nouveau commentaire)

La qualité de l’herbe est très hétérogène d’une pâture à l’autre et d’une année à l’autre. Pas facile donc de trouver un minéral adapté qui permet d’accompagner cette hétérogénéité. Le risque : la carence qui peut avoir des répercussions à long terme.

Attention à la forte hétérogénéité de l’herbe pour les apports en minéraux. Dès lors, il devient impératif de réaliser un bilan minéral pour contrôler pour trouver le bon équilibre entre besoins et apports.

Mal gérée, la mise à l’herbe peut être synonyme d’accidents physiologiques importants et même mortels. Pourquoi ? La carence en oligo-éléments, vitamines et autres macro-éléments est une menace à ne pas négliger. Les minéraux régularisent et maintiennent l’équilibre acido-basique des liquides corporels. Ils sont également activateurs d’enzymes et d’hormones. Ces déficits en minéraux ou vitaminiques peuvent être liés à la composition de l’herbe en elle-même ou à des processus physiologiques liés à son absorption. Un excès d’azote soluble peut conduire à des alcaloses avec à la clé des risques de mortalité embryonnaire, des retours en chaleur ou des oedèmes mammaires. Un déficit en magnésium lié à un transit accéléré et à une teneur élevée de l’herbe en potassium peut limiter l’assimilation du magnésium. À la clé, c’est la tétanie d’herbage. Enfin, un déséquilibre en oligo-éléments peut avoir un impact sur l’immunité de l’animal d’où à terme une recrudescence des mammites et des métrites. Une carence en oligo-éléments est difficile à diagnostiquer du fait de l’absence de signes cliniques évidents. Les minéraux sont absorbés dans le rumen par des micro-organismes. Ensuite, ces micro-organismes sont absorbés au niveau de l’intestin. « Chez Alltec’h, on conseille donc de donner des levures aux vaches une semaine avant la mise à l’herbe pour un fonctionnement optimal du rumen et de la flore », note pour sa part Christophe Tanguy, responsable ruminant au sein de la société Alltech. Une baisse des performances de production est toutefois, un des éléments à prendre en compte.

30 litres de lait, 200 gr de minéraux exportés

Pour couvrir les insuffisances de l’herbe, l’apport de minéraux au pâturage a trois objectifs : améliorer l’efficacité et la sécurité de la ration à base d’herbe; soutenir la production, soutenir et aider à améliorer l’état des animaux et préparer la prochaine lactation. Le principe est de trouver un équilibre entre entre les apports et les besoins en minéraux.

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Vitaux et essentiels, les minéraux ne sont pas pour autant des remèdes miracles. L’apport en minéraux est d’autant plus important que ceux-ci ne sont pas des molécules, mais des éléments chimiques qui ne peuvent pas être produits par synthèse.

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Difficile de raisonner l’apport

Pas facile donc de trouver la bonne dose car leur apport est à raisonné en fonction de la composition botanique de la pâture, du cycle de végétation (pousse), du stade de développement (âge), de l’exploitation de la parcelle (nombre de coupes ou fertilisation) ou encore du sol.

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À titre d’exemple, les graminées ne permettent pas de couvrir les besoins en calcium, phosphore ou magnésium. Ce qui n’est pas le cas des légumineuses, qui sont riches en calcium. Pour le phosphore ou le magnésium, les légumineuses peuvent couvrir les besoins des animaux. Enfin, si pour les graminées, la teneur en minéraux à tendance à se bonifier entre une première ou une deuxième coupe, pour les légumineuses, on est sur une tendance inverse. Difficile donc de corriger une matière première aussi hétérogène. Tout le monde donc se fie au table Inra de 2007 et les fabricants de minéraux prennent des tendances assez basses pour couvrir le maximum de configuration possible. Le calcul des besoins en minéraux majeurs se base sur le principe d’équilibre. La méthode détermine des besoins d’entretien, de production et de gestation. Les animaux reçoivent quotidiennement une quantité de minéral égale à celle déposée ou éliminée (muscle, os, foetus, placenta, urine, bouses…) Pour déterminer les besoins ou apports journaliers recommandés (AJR), des mesures analytiques sont réalisées dans les muscles, l’urine, les bouses…

Enfin dernière donnée à prendre en compte, le coefficient d’absorption réelle (CAR) d’un élément minéral représente la part de l’apport alimentaire valorisable par l’animal.

Il est sous-entendu dans les notions de « biodisponibilité », « d’assimilabilité » ou « d’absorbabilité ». Impossible de passer à côté de cette notion. Souvent, pour une meilleure absorption, l’aliment doit comporter des minéraux sous plusieurs formes.

Ensuite, les fabricants apportent des éléments supplémentaires pour se diversifier par rapport à l’offre existante.

Difficile de faire le tri tant la gamme de minéraux est riche. Comment faire le tri entre des compléments étiquetés riche en sélénium, riche en phosphore, riche en magnésium équilibré avec biotine, riche en calcium. Que choisir les différentes formulations expansées, granulées, semoules; pierres à lécher, bacs à lécher.

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Pour le calcium, les besoins sont souvent couverts à l’exception des pâtures en pure graminée. Pour le phosphore, il faut souvent apporter des compléments.

Typex Magazine - Février-Mars 2009 - N° 85

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1 Réaction pour “Mise à l’herbe : Attention aux carences (nouveau commentaire)”

  1. Zaoui Vanessa dit :

    La plupart des oligo-éléments sont en effet en quantité déficitaire dans l'herbe. Il existe un stockage plus ou moins important dans l'organisme mais il est insuffisant pour répondre aux besoins des animaux sur toute la période de pâturage.
    La supplémentation en minéraux et oligo-éléments s'impose. Les bolus d'oligo-éléments à relargage contrôlé dans le temps sont le moyen de supplémentation le plus adapté au pâturage.
    Dr Vanessa Zaoui, responsable technique chez VETALIS Technologies

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