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Élevage Fantasy Holstein : Maximiser les résultats

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Guido et Ezio Oitana avec leurs familles.

La ferme Fantasy est connue dans le monde de l’IA pour le développement d’une branche forte de Snow-N Denises Dellia Ex-95 GMD, comprenant Britt, l’un des premiers fils de la famille de Dellia testé en Europe.

 Le nom de la ferme de Guido et Ezio Oitana est « Fantasy Holstein », c’est vrai qu’il en faut de l’imagination et de la créativité pour élever un troupeau laitier ayant à la fois d’excellents index et des qualités pour les concours.

L’élevage est situé à Scalenghe, dans la province de Turin en Italie. La famille Oitana y élève des Frisonnes depuis les années 1960. Leur passion du travail, ainsi qu’une sélection rigoureuse du bétail les ont amenés dans le top 10 des fermes italiennes pour l’index PFT (Production, Fertilité et Type). En septembre 2011, ils ont remporté la première place avec un score de 1 310 PFT, 825 en lait, 1.3 en type, 1.42 en UDC (Udder Composite), 1.32 en F&L (Feet & Legs) et 102 en SCC (Somatic Cell Count). Ces chiffres montrent la qualité, la présence sur les concours, l’homogénéité et l’attention constante portée à la morphologie du troupeau.

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L’étable des vaches en lactation. Elles sont divisées en deux groupes : le premier avec les jeunes vaches, le second avec le reste des vaches.

Cadre de travail

L’élevage Fantasy compte 150 vaches en lactation, réparties en deux groupes. Le premier groupe est composé des jeunes vaches, le second regroupe toutes les autres. En ce qui concerne la production laitière et les caractéristiques du lait, la ferme Fantasy produit en moyenne 10 700 kg par vache et par an, à 3,8 de matières grasses et 3,3 de protéines, avec un indice SCC de 140. Le lait est vendu en tant que lait « à boire », il doit donc respecter certaines caractéristiques organoleptiques.

La ferme Fantasy s’étend sur 83 ha, dont 50 ha de maïs et 33 ha de luzerne. « Nous avons des séchoirs qui nous permettent de couper le foin plus tôt, afin d’obtenir une bonne qualité de foin, avec un niveau élevé de protéines. En effet, nous obtenons un foin de luzerne à 18-21 % de protéines. »

La ration des vaches en lactation est composée à 50 % d’ensilage de maïs, de ray-grass, de foin de luzerne ainsi que d’un mélange de farines de soja, de maïs de pulpe séchée et de minéraux.

 Historique

Si Guido Oitana est un juge international bien connu dans le monde de la Holstein, il élève également des chevaux de trot de haute généalogie. D’après lui, sa famille s’est toujours concentrée sur la sélection génétique : « Mon père recherchait une opportunité pour acheter des vaches Frisonnes issues d’un troupeau de haut niveau. Il l’a trouvé, en Suède ! Il a alors acheté 50 génisses certifiées, au prix fort. Les vaches suédoises étaient alors mieux notées que les vaches hollandaises qui, à ce moment, étaient très réputées pour la production laitière. Les premières Holstein des États-Unis arrivèrent ensuite à la ferme, au milieu des années 1970. Je les avais achetées grâce à la Cafri, une coopérative aidant les éleveurs à acheter des animaux en provenance de l’Italie mais aussi des pays étrangers. Ces premières Holstein étaient des filles du célèbre Arlinda Chief. » Guido comprit immédiatement les avantages des Holsteins américaines : plus de production, une meilleure structure du pis et des animaux très « skinny » ! (maigres). « J’ai commencé l’IA après avoir suivi une formation spécifique et pour débuter, j’ai utilisé les taureaux Hanover Hill Triple Threat, Marquis Ned, Arlinda Car Dairyman ou encore Lime Hollow Elevation Mars. J’ai fondé le « Gap » (Genetic Advancement Program) avec l’aide de Carlo Valsecchi, dans les années 1990. Grâce à cette association, nous avons acheté une fille de Dellia : Frisky. » À partir de cette vache, Guido a fondé les 3 familles qu’il développe maintenant dans son élevage.

La fondatrice : Frisky Ex-91

Classée 11e au classement général international de la World Dairy Expo à Madison en 1991, Snow-Denises Dellia fut première pour son index génétique. Charlie Will, responsable du programme Holstein Sire chez Select Sire, prévient alors Guido que cette vache est exceptionnelle. « Nous avons acheté Frisky (Dellia x Blackstar), une fille de Dellia. Frisky avait alors 6 mois. » (…)

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Fantasy Venice ET est la mère de Britt.

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Fantasy Norma, Championne réserve et Meilleur Pis à Saluzzo (Cunéo).

La descendance de Frisky

Fantasy Venice est le résultat d’un croisement entre Frisky x United Nick. « J’ai utilisé ce taureau car il apporte une excellente structure de pis. Venice avait des qualités laitières impressionnantes ! À seulement 23 mois, elle produisait 43 kg de lait et atteignait 83 points à la première lactation, 87 à la seconde avec un PFT 2 530. Elle a engendré 11 mâles (vêlages et ET). L’un des plus importants est Britt (Rudolph x Nick Venice x Blackstar Frisky), qui est un fort améliorateur en stature, en durée laitière, en fertilité et en facilité de vêlage. Il a reçu la Médaille d’or, alors qu’il était classé 95 avec plus de 2000 filles en production dont 60 % évaluées Good et Very Good en première lactation en 2006. Britt est mort l’été dernier, après une carrière de 10 ans. » (…)

Les autres familles de la ferme Fantasy

(…) « Nous aimons les vaches assez impressionnantes, ayant de bonnes qualités laitières, une bonne santé, une bonne longévité et une résistance aux mammites dans le but d’administrer moins de traitements, afin de faire des économies. De plus, c’est important pour elles d’avoir une bonne production. La famille de Dellia est également excellente pour produire des bêtes à concours, tandis que les autres familles produisent de bons reproducteurs. »

Les meilleurs croisements

Actuellement Guido travaille principalement avec deux taureaux : Shottle et Goldwyn. (…)

Le business de la génétique

Guido vend beaucoup d’embryons, de taureaux, de génisses et de vaches : « Notre activité est orientée afin de maximiser ce que nous pouvons faire à partir de l’élevage, c'est-à-dire pas seulement du lait, mais également de la génétique. Je vends d’avantage à l’étranger qu’en Italie parce que j’ai de bonnes relations avec les éleveurs laitiers et les gens travaillant dans le secteur génétique. Mais cela reste difficile de vendre en dehors de l’Europe. J’ai essayé de vendre des embryons en Argentine, mais c’est impossible ! Trop de démarches administratives. »

En conclusion, cette ferme prouve qu’il possible de créer un business avec la génétique. « Il est important de sélectionner des familles ayant des qualités prouvées et de gérer tout le groupe de vaches, il ne suffit pas seulement de trouver une vache exceptionnelle. La chose positive est qu’acheter des embryons et des animaux avec de bonnes qualités nous autorise à garder ces vaches sur l’exploitation, permettant ainsi d’avoir une base solide pour construire la généalogie. »

Isabel Macchiorlatti Vignat

Retrouvez l'article complet dans Typex n°103.

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