Lely, le DLM : un pilotage automatique de l’apport de concentrés

En marge d’un colloque technique sur la robotisation de la traite, Lely a donné la parole à un éleveur mayennais d’origine hollandaise, Timo Joosten. Celui-ci a expérimenté le DLM, une méthode qui permet d’optimiser économiquement la production laitière par animal. L’objectif n’est pas d’atteindre un maximum technique, mais un optimum économique.

Éleveur en Mayenne, Timo Joosten a expérimenté le DLM, qui lui a permis d’automatiser l’apport de concentrés.

Le DLM ? Kezako ? Un acronyme barbare de plus ? Peut-être bien, mais pour les éleveurs laitiers, il s’agit surtout d’une nouvelle méthode pour optimiser l’alimentation en fonction du potentiel génétique de chaque vache et de divers paramètres technico-économiques. Présenté à Rennes le 26 mai dernier, le DLM existe aussi pour la traite ; il permet alors de maximiser la capacité et la production de lait par robot. Pour Timo Joosten, éleveur en Mayenne qui expérimente le concept DLM alimentation depuis août 2009, celui-ci se résume par une maxime facile à comprendre : « Faire des Dollars et du Lait en travaillant Malin ». À l’origine, cet éleveur a voulu expérimenter le DLM par curiosité, mais aussi pour individualiser l’apport de concentrés au niveau de chaque vache laitière et plus seulement au niveau d’un groupe d’individus. Histoire aussi de bien valoriser la génétique du troupeau en privilégiant les vaches qui transforment bien « les concentrés en lait ».

D’autre part, le contexte laitier a aussi été un facteur de motivation supplémentaire et l’éleveur est à la recherche d’une meilleure efficacité alimentaire.

Un algorithme de calcul

Tout d’abord, il s’agit d’une option sur les robots de traite Lely de type A3 et A3 next équipés du logiciel T4C phase III et du MQC2. Le DLM se destine aussi aux élevages où la ration est bien équilibrée. Les systèmes d’alimentation en libre service maïs ne peuvent pas non plus rentrer dans le dispositif. Le DLM, c’est un algorithme de calcul complexe qui permet notamment de chercher le point de valorisation maximum du concentré en fonction de chaque vache. « On va pouvoir privilégier les vaches qui valorisent bien le concentré, pour celles qui valorisent moins bien ; on va diminuer les apports. L’apport de concentrés va aussi être régulé en fonction du prix du lait », souligne Tom Vanholder en charge du dossier chez Lely Industries. Bref, le concept permet de produire l’optimum de production de lait en fonction de différents paramètres dont le prix du lait. Dès lors, il faut aussi s’attendre à ne pas atteindre son quota. « Y a-t-il forcément une justification économique à produire l’intégralité de son quota ? », interroge Tom Vanholder. À chaque éleveur d’apporter sa réponse. Timo Joosten a, quant à lui, choisi de déconnecter le DLM pour réussir à atteindre son quota. « Plus une approche idéologique qu’économique » concède-t-il.

Le DLM doit aussi s’imaginer comme une nouvelle philosophie, car il faudra accepter que le robot prenne en charge l’apport de concentrés sans connaître véritablement l’algorithme de calcul. « C’est aussi une histoire de confiance. Les algorithmes de calcul sont capables de faire voler un avion de Paris à New York sans aucun souci. Personne dans l’avion ne s’interroge sur sa fiabilité. Pour le DLM, il faut accepter la même chose », estime Aart Van’t Land. « Ce qui est surprenant, c’est de constater à quel point chaque vache réagit différemment à la quantité de concentrés apportés », constate Timo Joosten, l’éleveur hollandais installé en Mayenne.

Au bout de 21 jours, le DLM régule l’apport de concentrés

La traite robotisée doit se voir comme une nouvelle approche de l’élevage. La mise en place de capteurs et de solutions informatiques pour traiter les informations perçues permet d’accumuler les données sur les animaux.

Avant de se lancer dans le concept, il faut impérativement connaître et maîtriser le coût de sa ration alimentaire et paramétrer la machine. En plus de ces paramètres, il faut entrer le prix du lait moyen, la valorisation de la matière grasse ou de la matière protéique et le prix du concentré. Attention, il ne s’agit pas de changer le prix du lait toutes les semaines : il faut garder les mêmes données sur 3 ou 4 mois.

Évidemment, le DLM ne se lance pas tout se suite et ne contrôle pas l’apport de concentrés. Il va dans un premier temps observer le comportement de chaque vache et le concentré est apporté classiquement. « Il faut attendre entre 21 et 50 jours pour lancer le DLM », prévient François Dyèvre, spécialiste du DLM en France. L’éleveur a conduit la moitié de son troupeau avec le DLM et au final « on a constaté une baisse d’apport de concentrés avec une légère baisse de la production. La chute de la production est en moyenne de 2 litres de lait par vache ». Pour les multipares, la réduction moyenne de concentrés est de 30 g par kilo de lait. Chez les primipares, celle-ci se situe au niveau de 10 g par kilo de lait. Côté bénéfice économique, le gain est de 60 euros par vache et par an sur les multipares, et sur les primipares celuici est de 20 euros par vache et par an.

Autre constat, tout aussi important pour l’éleveur : « Il n’y a pas de perte d’état chez les primipares comme chez les multipares ». L’éleveur est satisfait du DLM : « Il faut accepter de revoir ses repères. La mise en oeuvre du DLM ne demande pas de temps de travail supplémentaire. Il faut toutefois s’accorder plus de suivi de l’état corporel des animaux ou du niveau de protéines dans la ration ». Si certains peuvent s’interroger sur les conséquences d’une réduction trop forte des niveaux de concentrés, Lely répond : « Les vaches peuvent compenser une réduction de concentrés par l’ingestion d’une quantité supplémentaire de matière sèche ». « La vache est un ruminant », rappelle un brin ironique Ton Vanholder.

Le DLM traite pour booster le robot

Toujours basée sur la base d’algorithme de calcul, la traite dynamique « DLM traite » cherche à obtenir des intervalles de traite optimum pour chaque vache. Le DLM traite se destine au robot déjà bien chargé. Pas la peine d’imaginer des retombées positives si le robot ne traite qu’une quarantaine de vaches. Ici, les paramètres en jeu sont : la vitesse de traite, le temps de préparation, la sensibilité individuelle et, une fois encore, le prix du lait. Le but affiché est simple: maximiser la production par robot. Depuis son lancement, le DLM traite assure une meilleure fréquentation du robot avec aussi plus de lait collecté par traite. Avec le DLM traite, l’objectif est de réduire le temps libre du robot de 15 à 20 %. En capacité, il faut s’attendre à une hausse de 5 %.

Typex magazine n°93 - juin/juillet 2010 par Erwan Le Duc

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1 Réaction pour “Lely, le DLM : un pilotage automatique de l’apport de concentrés”

  1. Paul dit :

    Système non applicable dans les fermes !!!

    La preuve, même la ferme test ne l'utilise pas...

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