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-Management : Un nutritionniste made in USA*-

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Nutritionniste, Fabrice Horgon mise notamment sur la clientèle des éleveurs-sélectionneurs. Son approche repose sur l’aromathérapie, la non-utilisation du colza, et de manière plus spécifique sur la conception de minéraux adaptés aux besoins de l’élevage.

Feeding Specific Animal et son PDG Fabrice Horgon se sont faits une petite place dans le monde de la nutrition Holstein en France. La société suit 22 élevages à qui elle propose de sortir des sentiers battus. Son approche repose sur quatre piliers principaux: l’aromathérapie, des rations avec au moins 18 % de MAT et avec plus d’une UF , et le recours au soja plutôt qu’au colza. Entretien avec Fabrice Horgon*

En quoi votre approche de la nutrition est-elle différente ?

Nous cherchons avant tout à personnaliser la nutrition selon les spécificités de chaque élevage. Avant de se lancer sur un élevage, nous commençons, comme souvent, par un large tour d’horizon de l’élevage et de l’éleveur. Nous ne cherchons pas à travailler avec tout le monde. En tant que nutritionniste, je déconseille le colza. Aller au-delà de 20 % de colza, c’est envoyer ses vaches au casse-pipe. Sur le long terme, le colza va dégrader les performances du troupeau : cellules, fécondité... Le colza est peut-être moins cher, mais je peux prouver à un éleveur que même si le prix du soja passe à 400 euros, je lui fais gagner de l’argent. L’élevage doit se voir sur du long terme et ce qui compte, c’est le retour sur investissement et pas autre chose. Autre point qui nous paraît important dans la gestion alimentaire du troupeau, c’est la constitution de lots d’animaux au même stade de lactation, car il est évident qu’en début de lactation, les besoins alimentaires ne sont pas les mêmes.

Comment personnalisez-vous vos conseils ?

Notre approche repose sur des analyses de lait microbiologiques et histologiques : TP, TB, acides aminés, urée, staphylocoque doré, aureus... On renforce notre approche avec des analyses de poils qui permettent de retracer un historique des teneurs en oligo-éléments sur les six derniers mois pour détecter telle ou telle carence. Pour cela, l’éleveur doit prélever un échantillon au niveau de l’oreille, toujours du même côté. À savoir que s’il débute côté gauche pour la première vache, il doit effectuer le même prélèvement pour les autres membres du troupeau. Six mois après, rebelote, mais cette fois de l’autre côté. Selon la période, les oligo-éléments se fixent d’un côté ou l’autre de l’animal. Ensuite, bien entendu, on s’intéresse à la composition de l’ensilage d’herbe et de maïs.

Avec tous ces résultats, on conçoit le minéral à destination du troupeau. Nos visites dans les élevages nous ont permis de constater que les vaches des élevages français connaissent des déficiences en phosphore, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur les problèmes de fécondité et de fertilité. Face à ce constat, nous apportons du phosphore dans nos rations.

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Le 29 novembre, Fabrice Horgon a organisé une réunion technique chez Bruno Gentric sur l’élevage du Gaec des Deux Vallées à Landudec (29).

Comment concevez-vous votre ration ?

On cherche à concevoir des rations avec au moins 18 % de MAT, une teneur en PDIA comprise entre 58 et 65, une teneur en cellulose autour de 18 % et une teneur en UF supérieure ou égale à 1. En ce qui concerne les génisses, nous essayons d'atteindre la fourchette comprise entre 19 et 23%.

Vous misez aussi sur l’aromathérapie ?

Nos produits sont caractérisés par l'utilisation de concepts galéniques ciblés, pour lesquels nous exprimons une puissance d'action grâce à la synergie moléculaire des éléments constituants: plantes microfinées (plus de 300 plantes ou algues utilisées couramment), teintures mères, extraits mous, souches végétales, levures, oligo-éléments (sous différentes formes: minérales, métalliques, organiques, ioniques, vitamines de synthèse ou naturelles, autolysats de protéine, organo minéraux).

Nous essayons de valoriser au maximum les richesses naturelles que la nature (sol, plante, mer...) nous procure, grâce aux procédés de fabrication, d'extraction (unité de microfinage de plantes, chaîne de granulation à basse température, granulation type pharma, extraction alcoolique de principe actif...) et nous ciblons chaque produit issu de notre technologie.

Quels sont vos produits ?

Nous commercialisons une quinzaine de produits qui se singularisent par une teneur élevée en vitamines, acides aminés et autres minéraux. Nous sommes attentifs notamment aux besoins en vitamine E ou encore en sélénium, qui sont essentiels pour la fécondité.

C’est le cas notamment du Shapefeed, un produit destiné aux génisses ou aux vaches après le vêlage et +. Celui-ci contient une très forte quantité de vitamines au gramme. Profeed est un autre élément de notre gamme, il est disponible en deux versions 20-10 ou 15-17, contient également une très forte quantité  de vitamines au gramme. Il est là pour booster la fécondité et la fertilité. Xelfeed est notre produit spécifique dont la composition varie en fonction des analyses de poils. Pour favoriser l’assimilation, les minéraux sont sous forme chélatée. Je pars du principe que les éventuels excès de minéraux seront éliminés par l’animal. Mais attention avec la génétique actuelle : les vaches sont un peu comme des Formule 1, on n’obtient des performances que si l’on apporte un carburant adéquat.

Tous nos produits sont agréés FDA, HACCP, DSV, GMQ. Autre signe distinctif de notre gamme : il faut souligner que nous travaillons avec des hépato-draineurs + hépatoprotecteurs. À quoi cela sert-il de protéger le foie si celui-ci est déjà encrassé donc nous drainons et nous protégeons? C’est pourquoi il nous semble important d’éliminer les toxines qu’il contient.

Quelles sont les matières premières que vous travaillez dans la nutrition ?

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Le colza dans l’alimentation des vaches: « Rien de tel pour casser une vache », répond Fabrice Horgon.

Un peu de tout : le maïs grain aplati, l’orge aplatie, la luzerne, la betterave, féverole, le soja 48, la coque de soja. On travaille très rarement avec le blé trop acidogène. Pour l’ensilage de maïs, on préconise aux éleveurs qui nous suivent d’intervenir au stade grains laiteux-pâteux, vitreux. Au-delà, la teneur en amidon est trop élevée et celle en UF chute. Bref, c’est le meilleur compromis alimentaire. Quel est le coût de votre intervention ? Les résultats de la nutrition s’imaginent sur du long terme ; ce qui compte, c’est le retour sur investissement. Il faut voir ce qu’apporte dans le temps un produit, et pas seulement son coût. Côté prix, nous sommes plutôt dans le haut de la fourchette, mais les éleveurs qui travaillent avec nous constatent une réduction de leurs frais vétérinaires, une progression de la production laitière avec en parallèle une hausse des taux. D’autre part, les améliorations de la fécondité sont nettes. Rémi Gard, éleveur dans les Ardennes, a constaté une hausse de sa production : ses vaches produisent 31 kg à 35 de TP, il a enregistré 80 % de réussite en première IA. Bruno Gentric, éleveur en Bretagne, a lui aussi constaté des niveaux de réussite en première IA supérieurs aux années précédentes : 100 % sur 17 vaches. Autre client : M.Hacquard, qui a des vaches qui débutent leur lactation à 60 kg. Dans des élevages, nos méthodes ont réussi à débloquer des niveaux de productions : avec des vaches qui plafonnaient à 25- 26 kg, on a réussi à atteindre les 35 kg, et ce sans génétique.

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Une histoire qui a débuté en 1991

Créée en 1991 dans le Massachussetts, Feeding Specific Animal a commencé par calibrer des rations pour des firmes d'aliments aux USA. "Voyant que nos conseils n'étaient pas toujours bien suivis par ces entreprises, on a décidé de se lancer sur le terrain et d'aller à la rencontre des éleveurs", assure Fabrice Horgon, le PDG de l'entreprise.

La société accompagne des élevages dans le monde entier, dont 22 en France. Nous misons sur la clientèle d'éleveurs-sélectionneurs. Nous sommes présents au Canada, au Panama, en Allemagne, en Suisse et même en Chine. Au Panama, nous suivons des élevages de plusieurs milliers de têtes, avec notamment des élevages entre 5 000 et  20 000 têtes! Ces élevages se développent avec des capitaux nord-américains. En Chine, on commence aussi à voir apparaître des élevages de plus de 30 000 têtes. La société emploie 7 nutritionnistes.

*Article modifié  suite correctif d'après-parution

Plus d'informations:

Mr Horgon Tel: 06 69 90 67 03 email: biology@feedingspecificanimal.com

Typex magazine n°90 - Décembre/Janvier 2010


Article classé sous: Actualités, Sante/Nutrition

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2 Réactions pour “-Management : Un nutritionniste made in USA*-”

  1. Jet Jean-Philippe dit :

    Article très intéressant(une fois corrigé);Néanmoins,Mr Horgon aurait du parler davantage des méfaits de l'herbe paturée étant donné l'importance que la France en général et autres ch.d'agri.,inra,etc...,prend partsur ce fourrage , tout en sachant les problèmes qui peuvent en découler sur les vaches.Etant éleveur et client à Mr Horgon,cet article devrait faire réfléchir plus d'un sur le système basic et simplet francais!!!

  2. Anthony MERCIER dit :

    Article intéressant ! Il existe en effet différentes manières de nourrir une même vache ! Heureux de voir confirmer que l'infertilité n'est pas une fatalité. Reste maintenant à passer de l'empirisme et du savoir-faire à l'établissement de règles pour en faire bénéficier le plus grand nombre !

    Toutefois de plus en plus d'expériences terrain et stations aux USA et ailleurs montrent qu'il est possible d'améliorer les performances avec des 17% de MAT par rapport à des rations à 18 et plus, grâce à un meilleur profil de protéines (acides aminés en particuliers). Il en ressort une amélioration de la marge sur coût alimentaire, des paramètres de fertilité et une réduction des rejets azotés. Qu'en pensez vous?

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