BNA Nutrition Animale: Journée technique Vaches laitières
BNA Nutrition Animale organisait le 18 mars une journée technique vaches laitières. Au programme, entre autres : les effets du CLA et du bêta-carotène sur la reproduction des vaches laitières, et l’utilisation de l’acide propionique pour stabiliser les fourrages et aliments à la ferme.
De l’acide propionique pour stabiliser les fourrages
Les aliments tels que les céréales, le maïs grain, les légumineuses ainsi que les aliments composés sont naturellement riches en bactéries, moisissures et levures. Dans ces milieux et sous certaines conditions (d’humidité notamment), ces micro-organismes peuvent se multiplier très rapidement, dégradant au fur et à mesure de leur prolifération la qualité des aliments. En cas d’altération avancée des aliments, on peut s’attendre à des maladies graves chez les animaux, voire parfois à des conséquences mortelles. Il arrive que l’on retrouve des résidus de certaines mycotoxines dans les produits finis (charcuterie, viande, lait).
« Les micro-organismes aérobies représentent un risque pour la bonne conservation des aliments, et en particulier pour les fourrages, a expliqué Stéphanie Hourte, chef produit ruminant pour BNA Nutrition Animale. On peut les détecter visuellement (cas des moisissures), ou par la chaleur dégagée (cas des levures). »
Pour faire obstacle à ces micro-organismes, le principal composant des agents de conservation utilisé est l’acide propionique (ou propanoïque). Cet élément est un produit naturel du métabolisme : « La vache laitière produit près de 1,5 litre d’acide propionique par jour par l’intermédiaire des micro-organismes du rumen, a informé Stéphanie Hourte. Cet acide possède des propriétés antimicrobiennes prononcées : il agit contre le développement des micro-organismes aérobies (champignons, levures) et des bactéries (surtout Gram négatifs tels que Salmonella, E. coli, Pseudomonas…) Son effet conservateur provient de son intervention dans le métabolisme glucidique et de la synthèse de l’ADN des micro-organismes. »
Effets de l’acide propionique
- sur le foin :
« Du foin bien sec peut être stocké sans risque avec une humidité résiduelle de 10 à 15 %. Au-delà, des microorganismes indésirables sont susceptibles de se développer (la teneur en eau constitue le facteur déterminant de la croissance fongique). Peuvent survenir des risques d’échauffement et de pourrissement des balles, la formation de poussières, le risque de mycotoxines… Au-delà de 10 à 15 % d’humidité, l’emploi d’un stabilisateur est indispensable » a expliqué S. Hourte.
- sur le front d’attaque des silos :
Pour la chef produit Ruminants, « la taille du silo doit être adaptée à la taille du troupeau. Le désilage annonce la rupture d’anaérobiose. Pour éviter les échauffements, le front du silo doit avancer plus vite que la reprise des fermentations. Les valeurs minimales d’avancement sont d’environ 10 cm par jour en hiver, et de 20 cm par jour en été. Ceci est d’autant plus vrai que la teneur en matière sèche à la récolte est élevée. »
- dans les rations mélangées :
« Pour les rations mélangées, l’objectif revient à distribuer moins souvent la ration. Mais attention, distribuer moins souvent comporte des risques tels que l’échauffement de la ration, la baisse de la consommation ou la baisse de la valeur alimentaire. »
- sur les grains humides entiers, broyés, aplatis :
« Lorsque le taux d’humidité des céréales récoltées est important (>16%), leur stockage (en grains ou broyées) impose l’utilisation d’acide propionique pour éviter la prolifération de levures et de moisissures. Il empêche en effet leur développement et limite ainsi les échauffements et la formation de mycotoxines. De plus, il bloque les systèmes enzymatiques dans les grains qui perdent leur faculté germinative. L’acide propionique améliore l’hygiène des grains conservés, soulageant ainsi le système immunitaire des animaux et stabilisant la digestion. »
Gamme Lupro-Acid
BASF produit des acides organiques (acide formique et propionique) depuis de nombreuses années. L’acide propionique est le principal composant des agents de conservation commercialisés par la société. Afin d’éviter tout accident (les acides organiques ont la réputation d’être corrosifs et dangereux d’utilisation), BASF a mis en place des formules non corrosives (NC), présentées sous formes de sels d’acide qui se dissocient en contact avec l’humidité du fourrage ou de la ration. Ainsi BNA Nutrition Animale commercialise les conservateurs acides de BASF : la gamme Lupro-Acid : Luprograin, Luprofoin, Lupromix et Amasil NA.
CLA, bêta-carotène et reproduction
Les CLA (pour Conjugated linoleic acid ou acide linoléique conjugué) sont des acides gras, isomères de l’acide linoléique que l’on retrouve naturellement dans le lait, la viande et/ou la graisse des ruminants. Dans un communiqué, BNA Nutrition Animale explique que « de nombreux essais ont confirmé que les CLA, administrés sous une forme restant stable dans la panse, sont capables d’abaisser la teneur en matières grasses du lait. En présence d’un pH faible dans le rumen, les micro-organismes présents transforment également les acides poly-insaturés en CLA. Ceci explique la faible teneur en matières grasses en cas d’acidose ruminale. La réduction de la teneur en matières grasses du lait est accompagnée d’une décharge du métabolisme des lipides et le plus souvent d’une amélioration du bilan énergétique, ce qui laisse supposer un effet positif sur la fécondité. »
« Les effets des CLA sur la fécondité ne peuvent cependant être démontrés que sur un grand nombre d’animaux ou à l’aide de méthodes statistiques particulières appliquées aux résultats provenant de plusieurs études ayant porté sur des échantillons réduits. Or aujourd’hui, BNA Nutrition Animale dispose des deux : un essai à grande échelle portant sur 450 animaux répartis sur trois groupes et une analyse statistique (méta-analyse) de cinq petites études publiées (De Veth et al., 2009). »
Ces essais, présentés par Stéphanie Hourte, visaient à démontrer les effets du Lutrell sur des vaches en transition et à évaluer leur potentiel laitier, fécondité et santé. Le Lutrell est une spécialité nutritionnelle à base de CLA qui agissent sur la mamelle pour diminuer la production de matières grasses dans le lait. Ce produit vise la production de plus de lait ainsi que la gestion du déficit énergétique en début de lactation et l’amélioration de la reproduction.
Les conclusions des essais ont montré que le Lutrell joue un rôle dans la baisse du TB du lait et permet aux vaches laitières d’économiser de l’énergie, notamment en début de lactation. De plus, il améliore les résultats de reproduction en diminuant l’intervalle vêlage-oestrus et en augmentant le pourcentage de réussite en 1re IA ; les chaleurs sont également plus visibles.
Statut sanguin en bêta-carotène
Le bêta-carotène – pigment naturel de la famille des caroténoïdes – semble impliqué dans des processus métaboliques, en particulier dans la synthèse de progestérone, la stimulation de production de FSH et de LH, les défenses immunitaires, et la résistance aux infections au niveau de la mamelle en particulier. Dans le plasma sanguin, la teneur en bêtacarotène est jugée suffi sante pour une teneur supérieure à 3 000 mcg/litre. Or le statut sanguin en bêta-carotène de vaches laitières non complémentées serait bien inférieur à cette valeur, et atteindrait au maximum 550 mcg/litre en période d’été ! explique S. Hourte. Les conséquences d’un déficit en bêta-carotène peuvent être importantes : réduction de progestérone, oestrus plus difficilement détectables, chaleurs silencieuses, taux de prolificité bas, mortalité embryonnaires, avortements précoces, augmentation de l’intervalle vêlage-vêlage, sensibilité accrue aux maladies d’élevages infectieuses.
Précurseur de la vitamine A, le « Lucarotin » de BASF se présente sous forme d’une poudre sèche à 10 % dont le principe actif de bêta-carotène est présent sous une forme biologiquement très active. Le produit est composé d’une formulation pulvérisée sur un support soluble. « Lucarotin améliore la fertilité, rend les chaleurs plus visibles et limite les mortalités embryonnaires et avortements précoces. Il est indispensable pour une protection optimale des jeunes animaux contre les maladies infectieuses en élevage. »
Pour améliorer les fonctions de reproduction, Stéphanie Hourte recommande de distribuer, deux à trois semaines avant vêlage jusqu’à la confirmation d’une nouvelle gestation (85-100 jours après vêlage) 300 mg de bêta-carotène par vache laitière et par jour. Pour les génisses de poids vif inférieur à 350 kg, la recommandation tombe à 100 mg de bêta-carotène par animal par jour.



